Entourée de quelques-uns de ses candidats, Pauline Marois a tiré à boulets rouges sur son opposant libéral Philippe Couillard, samedi, devant quelque 1800 militants.

Couillard«prêt à renier» le Québec, selon Marois

À défaut d'un pays, Pauline Marois a promis samedi à ses militants de défendre l'identité québécoise face à un Philippe Couillard prêt à «renier notre langue et notre culture» sans état d'âme.
La salle du Théâtre TELUS, rue Saint-Denis, était remplie à pleine capacité de quelque 1800 militants, samedi soir, pour le «plus grand rassemblement» de la campagne, s'est réjouie la chef péquiste, qui a joué à fond la carte nationaliste.
Mme Marois s'est emparée des déclarations du chef libéral sur l'importance de parler anglais dans les milieux de travail pour poser en défenderesse du fait francophone et des valeurs québécoises.
«En tenant ces propos, Philippe Couillard a montré qu'il ne pouvait occuper la fonction de premier ministre, a lancé Mme Marois. Cet homme ne peut tout simplement pas diriger le Québec. Il nous dit que tous les Québécois doivent s'incliner devant l'anglais. Il a dit que les Québécois ne devaient pas chercher à se distinguer. Il est prêt à renier nos intérêts, nos valeurs, notre culture, notre langue. Il est prêt à renier notre histoire. Il faut l'en empêcher.»
«Un tournant pour le fait français»
La chef souverainiste a positionné dans l'histoire ces élections comme un tournant pour le fait français en Amérique du Nord. De la résilience des colons dans la «noirceur de l'hiver» à la Conquête en passant par les patriotes jusqu'aux «tentatives d'assimilation». Un retour aux années libérales équivaut selon elle à un recul «de 50 ans» et à «mettre un genou à terre». Le chef libéral est prêt à renier «sans état d'âme» toutes les batailles menées par les francophones, dit-elle.
«J'invite les Québécois à se lever, a clamé Mme Marois. Il y a des moments dans l'histoire d'une nation où il faut refuser de courber l'échine. Il faut nous donner un gouvernement qui va se lever debout pour nos intérêts, nos valeurs, notre culture, notre langue. L'enjeu de cette élection est aussi de pouvoir poursuivre notre chemin après 400 ans de bataille, de fierté, de volonté, de détermination.»
65e anniversaire
Au jour de son 65e anniversaire, la chef péquiste a eu droit à un rassemblement enthousiaste, gonflé à bloc par des prestations musicales, dont celle de l'actrice Guylaine Tremblay et de Jean-Pierre Ferland, qui lui a chanté T'es belle. Janette Bertrand est aussi venue plaider en faveur de Mme Marois. Pour l'occasion, le conseiller en image de Mme Marois, le metteur en scène Yves Desgagnés, s'est surpassé.
Avant de culminer avec le discours de la chef, différents membres de l'équipe péquiste ont pris la parole devant les militants, Pierre Karl Péladeau récoltant les applaudissements les plus nourris. Les Bernard Drainville, Véronique Hivon, Léo Bureau-Blouin et Martine Desjardins ont vanté leurs dossiers de prédilection. Mme Marois a insisté sur la qualité de son équipe par rapport «à celle de Jean Charest, pardon, de Philippe Couillard».
«Ma responsabilité première est de continuer à perpétuer cette volonté de toutes ces générations qui se sont battues pour que nous puissions exister, a déclaré Mme Marois. Pas survivre, pas quémander, pas supplier. Exister pleinement et fièrement. [...] Il y a juste une position pour le Québec, maintenant et pour toujours : debout.»