Philippe Couillard a visité des stations de radio de Québec, lundi.

Couillard veut moderniser la loi antibriseurs de grève

Au pouvoir, Philippe Couillard veut moderniser la loi antibriseurs de grève pour tenir compte des nouvelles technologies.
Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) a fourni cette précision, lundi, lors d'un bref entretien téléphonique avec Le Soleil. Quelques minutes plus tôt, à sa rencontre de presse tenue à l'Université Laval, M. Couillard a vaguement évoqué le fait que, «si on ressent le besoin de le faire, on le fera».
En 2009, sous le gouvernement libéral de Jean Charest, l'Assemblée nationale a voté à l'unanimité une motion pour amender une législation unique en Amérique du Nord, adoptée sous le gouvernement péquiste de René Lévesque.
Québecor, dirigé, en 2009, par Pierre Karl Péladeau, avait imposé des lock-out au Journal de Québec, puis à celui de Montréal. Les syndiqués dénonçaient être victimes de scabs, de journalistes qui relayaient leurs textes par courriels, sans avoir à franchir physiquement les piquets de grève.
«Il y a toujours des retouches à faire» au Code du travail, Code qui a atteint un «bon équilibre», a d'abord mentionné Philippe Couillard. «Actuellement, cela ne figure pas dans mes priorités» s'il accède au fauteuil de premier ministre.
En entrevue, il a tenu à souligner que «nous serons prudents». Un gouvernement qu'il dirigerait ne procédera pas à une révision de ce dossier «dans les six premiers mois». La loi sur Mourir dans la dignité et sur les accommodements raisonnables sont les priorités, a-t-il répété.
«Ce ne sera pas la première loi», a-t-il dit. Mais il a promis que l'examen de la loi sur les briseurs de grève aura lieu et qu'il fera partie intégrante d'un exercice plus large portant sur le Code. Les syndicats et le patronat seront consultés «avant d'ouvrir cet élément» qui peut s'avérer être une «boîte de Pandore».
Tout cela n'a rien à voir avec le fait que Pierre Karl Péladeau s'est lancé dans la campagne comme candidat du Parti québécois (PQ) dans Saint-Jérôme, a fait savoir M. Couillard. Par contre, a-t-il glissé, «vous remarquerez que, depuis l'arrivée de M. Péladeau au PQ, les péquistes n'en parlent plus beaucoup, eux qui étaient très vocaux sur la question».
L'engagement de revoir la loi antiscabs a disparu de la plate-forme du PQ pour le scrutin du 7 avril.