Le chef du Parti libéral Philippe Couillard passe la journée de jeudi dans un hôtel de Montréal à se préparer au débat des chefs. Sur la photo, il est entouré de son équipe comprenant notamment Johanne Whitton, Jean-Pascal Bernier et Charles Robert.

Couillard se dit prêt pour son premier débat des chefs à vie

Philippe Couillard ne croira pas une minute Pauline Marois si jamais elle annonce au débat des chefs de ce soir qu'elle ne fera pas de référendum dans un prochain mandat.
«Si elle dit ça,  personne ne va la croire. Et elle viendrait d'annoncer à ses militants qu'elle abandonne un grand pan du programme du Parti québécois», a dit le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) ce matin, à quelques heures de son premier débat des chefs à vie.
«Dans le passé, on sait que ç'a été la technique. On fait oublier le référendum, on fait l'élection et après on trouve une bonne raison. On a déjà vu ce film-là, on ne jouera pas dedans une autre fois», a illustré M. Couillard.
L'air détendu, vêtu d'un polo et d'un jeans, le chef libéral s'est adressé à la presse pour une dernière fois avant le débat alors qu'il amorçait le sprint final de préparation avec son équipe de conseillers à l'hôtel Reine Elizabeth du centre-ville de Montréal.
«Je me sens bien», a dit celui qui anticipe l'exercice non pas avec «plaisir», mais avec «anticipation positive». «Ce sont les 10 dernières minutes de la troisième période. C'est un élément important de la campagne», a illustré Philippe Couillard lorsqu'un journaliste lui a demandé de traduire son sentiment en métaphore de hockey qu'il affectionne tant.
Questionné sur le ton particulièrement grinçant qui a coloré la campagne ces derniers jours, Philippe Couillard a réitéré qu'il n'avait aucune intention de s'excuser pour les mots employés à l'égard de Mme Marois mercredi.
Il a dit que si la première ministre sortante allait sur le terrain de l'éthique en ressortant ce soir les liens passés de M. Couillard avec le controversé Dr Arthur Porter, «elle allait y goûter». Certains, dont la péquiste Agnès Maltais ont qualifié les propos «d'intimidation».
«Elle [Mme Marois], quand elle fait des déclarations à mon sujet, c'est quoi?» a demandé M. Couillard.
Il a toutefois reconnu du bout des lèvres être allé un peu loin en employant l'expression «elle va y goûter». «Je suis peut-être allé un peu fort parce que ça me fâche cette attitude-là. On est humains, tout le monde. C'est tellement bas comme attitude. Ce niveau de politique ne m'intéresse pas», a-t-il justifié, promettant de se comporter «de façon respectueuse et constructive» envers ses adversaires au débat de ce soir.
Garde rapprochée
Quant à la préparation comme telle, pas de simulations de débat au programme aujourd'hui pour l'équipe du PLQ. Philippe Couillard passera plutôt en revue les enjeux et les idées de son parti, basés essentiellement sur l'emploi, l'économie, l'éducation et la santé.
«On est là pour fait état de l'échec économique et financier du gouvernement et de la solution de rechange qu'on entend proposer.»
Le chef libéral se prépare jusqu'au débat avec une équipe de conseillers dont fait partie le député, ex-ministre et actuel candidat du PLQ dans Saint-Laurent, Jean-Marc Fournier. «J'aime beaucoup Jean-Marc, il a une longue expérience politique et un sens de la communication», a dit M. Couillard.
Autour de la table se trouvent aussi son attaché de presse Harold Fortin, Philippe Dubuisson, Claude Lemieux, Marie-Ève Bédard, Johanne Whitton, directrice de cabinet à l'époque où il était ministre de la Santé. Les conseillers Jean-Pascal Bernier et Charles Robert sont aussi de la garde rapprochée du chef en prévision de l'exercice de ce soir.
Pendant le débat, la conjointe de M. Couillard, Suzanne Pilote, sera dans une petite salle annexée au plateau de Radio-Canada où se déroulera le débat des chefs dès 20h.