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Couillard promet de revenir sur le «deal» si Marois l'attaque

La tension monte à la veille du combat des chefs. Philippe Couillard soupçonne le PQ de préparer une question référendaire pour «fourrer le monde». Pauline Marois dénonce la «pensée magique» en économie de ses adversaires. François Legault incite les citoyens «à sortir du référendum».
Des trois leaders des principaux partis à l'Assemblée nationale, c'est le libéral Philippe Couillard qui a été le plus virulent. Mercredi matin, à Québec, en entrevue à Radio X, il a avancé qu'une question complexe que poserait le Parti québécois à un éventuel référendum n'aurait qu'un objectif. «C'est pour fourrer le monde, pour mélanger le monde», a-t-il répliqué à l'animateur.
«J'ai à vue de nez quatre ou cinq sujets sur lesquels j'ai des questions à lui poser», s'est-il aussi emporté pour une deuxième journée contre la chef péquiste qui n'a de cesse de critiquer son intégrité et de lui reprocher ses liens avec le controversé Arthur Porter.
«Si elle choisit de le faire au débat, elle va y goûter», a-t-il averti, de passage à Québec pour sa tournée. M. Couillard a promis, sans préciser davantage, avoir «des questions intéressantes à poser» à la leader du Parti Québécois. 
Le fameux «deal», auquel a fait allusion l'ex-président de la FTQ, devant la Commission Charbonneau, en ferait partie. Dans une conversation captée par les policiers, en 2009, Michel Arsenault fait référence un investissement du Fonds de solidarité de la FTQ dans une firme de Claude Blanchet, le mari de Mme Marois. Fort de «deal»,il allait «parler avec Pauline» pour empêcher la tenue de l'enquête sur l'industrie de la construction.
Philippe Couillard a aussi fourbi ses armes pour le dossier Pierre Karl Péladeau. Le bâtisseur de Québecor n'a pas l'intention de vendre les actions de son empire. Mme Marois, soutient M. Couillard, a «harcelé» des membres du gouvernement libéral de Jean Charest pour qu'ils se départissent d'entreprises «de beaucoup moins grande importance. Pourquoi les standards qu'elle demande aux autres ne s'appliquent pas à eux autres?»
Moins de hargne
À Montréal, Pauline Marois s'est adressée brièvement aux médias, avant de s'enfermer avec ses conseillers pour se préparer au combat des chefs. Son ton a été nettement moins belliqueux que celui de son adversaire libéral. «Non, pas du tout», a-t-elle répondu lorsqu'elle s'est fait demander si elle recherchera le K.O.
Par contre, elle veut profiter de l'affrontement pour dénoncer les autres leaders de parti «qui tombent dans la démagogie lorsqu'ils parlent d'économie. Ils prennent des engagements qui n'ont pas de bon sens, qui relèvent de l'ordre de la pensée magique.»
La chef péquiste a, dans un premier temps, classé «dans les choses plus faciles», le thème du «nationalisme et de l'identité». La langue, l'histoire et, surtout, la Charte de la laïcité, s'est-elle ravisée, «c'est la partie où se trouve la plus grande différence avec les autres formations politiques.»
Le chef caquiste n'entend pas sortir «un lapin» de son chapeau, tenter un coup d'éclat, pour inverser la tendance. François Legault martèlera qu'il faut un ménage dans les finances publiques et une baisse des taxes. «Je vais tenter de convaincre les Québécois qu'il faut sortir des vieilles chicanes.
«J'ai hâte de voir si M. (Philippe) Couillard a fait ses devoirs, a affirmé M. Legault. À voir son cadre financier et ses "flip-flop" des derniers mois, il y a peut-être une opportunité de démontrer que M. Couillard n'est pas prêt à gouverner.»