Hillary Clinton à Chappaqua, New York, après avoir voté.

Couillard préfère Clinton

Quelques heures avant la fermeture des bureaux de scrutin, Philippe Couillard a souhaité l'élection de la démocrate Hillary Clinton à la Maison-Blanche.
Le premier ministre du Québec est sorti de la réserve qu'observent habituellement ceux qui occupent des fonctions semblables à la sienne. «Si on a le choix entre les deux, si c'est nous qui décidions; oui», a répondu M. Couillard à une question portant sur le fait qu'il semblait préférer MmeClinton à Donald Trump.
Le républicain Trump a moins la faveur des Québécois en raison de son peu «d'ouverture à la diversité», venait-il tout juste de déclarer. Il a noté qu'en plus, tout comme les élections de 2008 ont marqué le monde en raison de l'accession à la présidence des États-Unis d'un premier président noir, celles-ci enverraient également un «très, très grand signal» avec l'arrivée au pouvoir d'une première présidente.
«On aura bien sûr à travailler avec la personne que les Américains éliront pour être leur président ou leur présidente», a pris soin d'ajouter le premier ministre.
«Il n'en reste pas moins que, historiquement, les Québécois ont toujours été plus en synergie avec le Parti démocrate américain compte tenu des valeurs qu'il véhicule - qui sont plus représentatives des valeurs non pas de l'ensemble des Québécois, mais d'une bonne majorité» d'entre eux.
Comme d'autres, son gouvernement est toutefois préoccupé par la montée du protectionnisme chez nos voisins du sud et la possibilité que leurs nouveaux dirigeants cherchent à modifier l'Accord canado-américain de libre-échange.
Philippe Couillard a dit s'inquiéter particulièrement pour l'industrie du bois d'oeuvre.
«Gâchette nucléaire»
Le chef de l'opposition officielle, Jean-François Lisée, a été plus direct. Il a expliqué les raisons de son soutien à Hillary Clinton : «Elle représente la compétence» et «elle est prévisible».
«Trump est imprévisible. Cette imprévisibilité, lorsqu'on a le doigt sur la gâchette nucléaire, lorsqu'on est le représentant du principal pays du monde, c'est quelque chose qu'on ne veut pas.»
Encore une fois, mardi après-midi, le chef caquiste François Legault a évoqué le spectre de Donald Trump pour inciter le gouvernement Couillard à étoffer son projet de loi sur la neutralité religieuse.
«Je pense que ça devient urgent d'encadrer l'immigration, d'encadrer les tests à l'entrée, d'encadrer les signes religieux chez les personnes en autorité, de bien intégrer. Tant qu'on n'aura pas mis ce cadre, il y aura un risque qu'il y ait de l'abus, du dérapage à la Donald Trump.»
Le solidaire Amir Khadir a renvoyé dos à dos les deux candidats. Il est tout simplement «inadmissible que la plus grande puissance mondiale n'ait offert comme choix que MmeClinton et M. Trump».