Le chef libéral Philippe Couillard a profité de la journée ensoleillée de dimanche pour prendre un bain de foule à la parade de la Saint-Patrick, au centre-ville de Montréal.

Couillard ne veut plus parler de constitution

Philippe Couillard juge que Pauline Marois «se débat de façon pathétique» et essaie «désespérément de remettre la pâte à dents dans le tube» en l'invitant à son tour à tenir un référendum s'il veut amener le Québec à signer la Constitution du Canada.
«Moi, je ne suis pas dans les référendums. C'est Mme Marois qui parle de référendum», a lancé le chef libéral sur le ton de la contre-attaque en marge du défilé de la Saint-Patrick au centre-ville de Montréal dimanche.
Pressé de questions, M. Couillard a tout fait pour rajuster le tir et réaffirmer son discours axé sur «l'économie et l'emploi» après des jours de ping-pong avec Mme Marois sur la question référendaire et de la place du Québec dans le Canada.
Samedi, la chef péquiste a mis M. Couillard au défi de tenir un référendum s'il veut amener le Québec à signer la Constitution du Canada. Le leader du Parti libéral (PLQ), estime-t-elle, doit promettre de consulter les citoyens sur tout changement à une constitution, imposée au Québec, en 1982.
Elle réagissait aux propos tenus vendredi par M. Couillard qui avait alors dit que s'il devenait premier ministre, il entreprendrait une tournée canadienne pour convaincre le gouvernement fédéral et les provinces d'amorcer des démarches pour que le caractère distinct du Québec soit reconnu dans la Constitution canadienne.
Samedi, M. Couillard a rectifié le tir en disant qu'il aborderait les demandes du Québec «seulement s'il est questionné sur le sujet». Un discours qu'il a martelé dimanche.
«Désespérément, elle [Mme Marois] essaie de remettre la pâte à dents dans le tube alors qu'elle-même nous parle depuis des semaines et des mois de référendum et de séparation», a dit M. Couillard.
«Le monde, ce qu'ils veulent, c'est des emplois de qualité, la qualité de vie, l'éducation, la santé. Ils ne veulent surtout pas se faire diviser sur les enjeux imaginaires du PQ», a répété le chef libéral en donnant l'exemple d'un jeune couple rencontré aux Îles-de-la-Madeleine samedi. «Elle veut savoir si elle va s'acheter une maison, si son copain va garder sa job de camionneur. Ça, ce sont les vrais sujets qui interpellent les gens, pas le monde imaginaire dans lequel essaient de se débattre de façon pathétique Mme Marois et le PQ.»
Même position que la CAQ
En estimant maintenant que la question constitutionnelle n'est pas une priorité, Philippe Couillard adopte la même position que François Legault, le chef de la Coalition avenir Québec. «C'est la même chose», a répondu M. Couillard qui refuse de répondre à des «hypothèses». «Moi, j'ai les pieds bien ancrés dans la réalité. Aujourd'hui, ceux qui parlent de référendum, c'est la référendite péquiste. Ils parlent de ça continuellement. Ils sont obsédés. Il y a un traitement contre la référendite : c'est l'élection d'un gouvernement libéral.»
Mulcair refuse de s'en mêler
Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, refuse de se mêler de la campagne électorale et de commenter le dossier constitutionnel qui domine présentement les échanges. «C'est une merveilleuse journée pour une parade. Il fait un peu froid», a lancé le chef de l'opposition officielle à Ottawa à propos des célébrations de la fête des Irlandais auxquelles il a pris part diamanche au centre-ville de Montréal.
Les journalistes ont pourchassé M. Mulcair sur les derniers mètres du défilé. Mais il n'en a pas dit plus, s'en tenant à parler de la Saint-Patrick au lieu des élections provinciales.
«Les Québécois vont voter. C'est leur campagne électorale», a tranché le chef néo-démocrate sans dire s'il appuyait un parti provincial plus qu'un autre. Jeudi, le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, a donné son appui à Philippe Couillard sur Twitter. «Mes collègues du Québec et moi-même appuyons le fédéralisme, #Philippe Couillard et le #PLQ», a écrit M. Trudeau sur le site de microblogage.