Philippe Couillard

Couillard n'a pas l'intention de s'excuser pour les «années Charest»

Philippe Couillard ne renie pas les années de son prédécesseur Jean Charest. La chef péquiste Pauline Marois est mieux de faire son deuil des excuses qu'elle a exigées de son homologue libéral «pour tout ce que le Parti libéral a fait subir à nos institutions».
En point de presse à Québec, le leader du PLQ s'est contenté de dire qu'il assume l'héritage de tous ceux qui l'ont devancé à la tête du Parti libéral du Québec. Il n'a évidemment fait aucune référence aux questions d'éthique qui ont terni l'ère Charest.
À ses yeux, Pauline Marois se comporte comme «un vieux général» qui veut refaire une bataille. «Rien de plus désolant, a-t-il commenté. Mme Marois veut refaire l'élection de 2012.»
Or, «le scrutin de 2012 a été tenu. La sanction populaire a été donnée. [...] Je vis dans le présent», a-t-il mis au point.
Devant ses partisans, à Sainte-Catherine-d'Auvergne, dans Portneuf, il s'est moqué de la première ministre sortante en relevant des dossiers réalisés sous le gouvernement de Jean Charest.
La chef du PQ pourra se vanter d'avoir réussi, a suggéré M. Couillard, «quand vous aurez traversé une crise financière mondiale, quand vous aurez créé un accord de libre-échange international [avec l'Europe et le Canada], quand vous aurez créé des emplois ou assuré un siège pour le Québec à l'UNESCO».
Philippe Couillard aurait-il voté 11 fois contre la tenue de la commission Charbonneau comme les députés de Jean Charest l'ont fait, entre 2009 et 2011? ont demandé les médias. Le principal intéressé s'est contenté de rappeler qu'il n'était pas à l'Assemblée nationale, à l'époque.
Sur place, le candidat libéral dans Portneuf, Michel Matte, a été appelé à commenter un dossier qui a fait mal politiquement au gouvernement Charest dont il a fait partie comme député de la circonscription de 2008 à 2012.
S'il a été de la députation qui a voté 11 fois contre la mise sur pied d'une enquête sur la corruption, il faisait partie des membres du caucus de Jean Charest qui ont poussé les premiers sur l'idée, a révélé Michel Matte aux médias. Il n'a pas voulu dire combien étaient à l'origine de ce mouvement, si c'est pour dire qu'il était du «noyau» initial et que cela «a fait boule de neige. On était un nombre», a-t-il glissé.
Mais le député voulait que cela se fasse «le plus rapidement possible. Vous me connaissez, je suis toujours rapide. On m'appelle le chevreuil.»
Financement politique
De son côté, attaquée elle aussi sur l'enjeu éthique, la chef péquiste Pauline Marois ne croit pas devoir s'excuser aux Québécois pour la façon dont sa formation a fait du financement politique par le passé.
Les collecteurs du fonds du PQ n'ont pourtant pas une feuille de route sans reproche. En 2006, le rapport du juge Jean Moisan, commandé par le Directeur général des élections (DGE), a révélé que 96 000 $ avaient été versés au parti à travers des prête-noms de la firme Groupaction, au coeur de scandale des commandites. «Le parti connaissait la situation et a fermé les yeux», a souligné le juge.
«Nous avons toujours respecté les règles de financement des partis politiques, a affirmé Mme Marois. Ce n'est pas parce que des gens ont contrevenu à ces règles que le PQ, lui, n'a pas respecté intégralement toutes les règles.»
Avec Simon Boivin