Le chef libéral Philippe Couillard s'engage à situer son cabinet dans la «zone paritaire», composée de 40 à 60 % de femmes, s'il forme le gouvernement. Il a pris cet engagement au cours de la Journée internationale de la femme, ce samedi 8 mars.

Couillard minimise l'importance de l'arrivée de Pierre Karl Péladeau

«C'est bien de se présenter en politique.» Prudent, Philippe Couillard a tenté dimanche de minimiser l'impact de la candidature de Pierre Karl Péladeau pour le Parti québécois (PQ).
«Les candidatures sont toutes bienvenues», s'est contenté de dire M. Couillard en marge d'une annonce à Dolbeau-Mistassini tôt dimanche matin, alors que le bruit de la candidature de PKP était déjà sur toutes les lèvres.
Le chef libéral n'a pas qualifié la personnalité de l'homme d'affaires, se contentant plutôt de marteler que l'intention du PQ était de faire un référendum, alors que son parti propose de parler d'économie et d'emplois.
«Maintenant, la candidature, quelle qu'elle soit, ne changera rien au choix qui est offert aux Québécois: est-ce que c'est l'économie, l'emploi ou est-ce que c'est un référendum?»
M. Péladeau est-il un candidat crédible pour parler d'économie? «C'est quelqu'un qui est connu. Mais je suis très fier de notre équipe économique», a dit M Couillard.
En matinée, il a affirmé vouloir attendre les déclarations de M. Péladeau avant de commenter davantage.
Lors de sa cérémonie d'investiture en après-midi, deux heures après que M. Péladeau eut finalement livré à Saint-Jérôme un discours à forte saveur souverainiste et que sa candidature eut été largement commentée, le chef libéral n'en a pas dit beaucoup plus. «Mais avec le congrès d'hier [samedi], avec les déclarations du nouveau candidat M. Péladeau aujourd'hui, avec ce que Mme Marois a dit au cours des derniers jours, ça rend la question encore plus claire: si vous voulez qu'on s'occupe d'économie, d'emploi, de santé et d'éducation avant toute chose, votez pour l'équipe Couillard», a-t-il martelé à une foule d'environ 200 personnes réunies au restaurant Le Météor. «C'est clair que pour eux autres [PKP et le PQ], la priorité est la séparation du Québec du Canada.»
En octobre, M. Couillard n'avait pas caché son inquiétude devant la proximité entre M. Péladeau et le PQ en apprenant que l'homme d'affaires avait participé aux travaux d'un comité ministériel.
À la sortie de la cérémonie d'investiture, des militants rencontrés semblaient déterminés à ne pas se faire saper le moral. Interrogé sur la «bombe» Péladeau, un militant a par contre cité un autre chef que le sien, en l'occurrence Françoise David, de Québec solidaire. «Vous avez entendu ce qu'a dit Mme David? M. Péladeau est responsable de 14 lock-outs. Pas sûr que les syndicats vont être de son bord.»
L'adversaire libéral de M. Péladeau dans Saint-Jérôme n'est pas encore connu.