Pauline Marois sert la main du patron d'un restaurant de Trois-Rivières, lundi.

Couillard doit s'excuser pour avoir associé Janette Bertrand et xénophobie, dit Marois

Janette Bertrand a «parlé avec son coeur» et le chef libéral Philippe Couillard doit s'excuser de l'avoir associée à de la xénophobie, affirme la chef du Parti québécois.
En aucun temps, lorsqu'elle a montré du doigt les «étudiants de [l'Université] McGill riches» comme un exemple du «grugeage» du droit à l'égalité des femmes au Québec, Mme Bertrand n'a tenu pas des propos condamnables, a soutenu cet après-midi Pauline Marois.
«Mme Bertrand n'a pas prononcé de propos xénophobes, a défendu la chef péquiste. Elle a parlé avec son coeur. Elle a parlé de son engagement dans une cause qui lui tient à coeur depuis 70 ans et sur laquelle elle a fait un travail remarquable. Je crois qu'elle ne mérite pas les propos que M. Couillard tient à son endroit. C'est pour ça que je lui demande de s'excuser et de tenir un langage plus responsable pour la suite des choses.»
En entrevue à la radio, le chef libéral a convenu que l'intervention de la féministe et auteure reconnue la veille était de nature à «susciter» la xénophobie. Sur la base d'un scénario hypothétique, Mme Bertrand a partagé sa crainte de perdre l'accès à la piscine de l'immeuble privé qu'elle habite en raison de demandes d'accommodements.
«Philippe Couillard déteste et insulte tous ceux qui sont en désaccord avec lui ou qui lui posent des questions, a dénoncé Mme Marois. C'est indigne de quelqu'un qui veut devenir premier ministre du Québec. Il doit s'excuser auprès de Mme Bertrand et de tous les Québécois qui appuient la Charte de la laïcité.»
La chef péquiste juge aussi que M. Couillard a «dépassé les bornes» en évoquant une «vaste machination» du PQ qui baserait selon lui sa stratégie référendaire sur la Charte de la laïcité.
Philippe Couillard a visité des stations de radio de Québec, lundi.
Pas d'excuse, réplique Couillard
Philippe Couillard n'offrira pas les excuses exigées pour sa référence à la xénophobie que «suscite» le Parti québécois (PQ) en ouvrant la voie à des déclarations comme celle de Janette Bertrand.
Une entrevue accordée par le chef libéral à la station CHOI Radio X, lundi matin, a provoqué l'indignation de son homologue au PQ, la première ministre sortante Pauline Marois.
Le libéral a été amené à commenter les propos faits la veille par Mme Bertrand. La féministe, âgée de 89 ans, a plaidé pour l'adoption de la Charte de la laïcité pour contrer un «grugeage» des droits des Québécois. Ne pas l'adopter serait «dangereux» pour les femmes et profiterait, entre autres, aux «étudiants de [l'Université] McGill riches».
Crainte de l'islam et de l'argent des anglophones, il n'y a pas là de la xénophobie? a-t-on demandé. «Ce que je dis, a-t-il répondu, c'est que les gens au PQ, qui ont décidé d'utiliser ces sentiments et de donner littéralement un permis [pour les exprimer], ont agi de façon foncièrement négative et mauvaise pour la société québécoise. Le PQ la suscite [la xénophobie] sans l'affirmer soi-même. C'est encore pire.»
Philippe Couillard n'a jamais repris les mots pour lesquels des excuses lui sont exigées. Il n'a donc pas à s'excuser, soutient-il.
En point de presse, plus tard, en matinée, il a nuancé. Ce n'est plus le PQ qui incite à ce sentiment raciste.
«Je ne dis pas qu'ils l'utilisent de façon volontaire, a-t-il même nuancé. [...] Il y a des éléments dans notre société à tendance xénophobe qui ont un peu reçu l'autorisation [de l'exprimer]. On a vu des incidents, au cours des derniers mois, avec les membres de certaines communautés.»
Qu'à cela ne tienne, la chef du PQ veut des excuses. Janette Bertrand a «parlé avec son coeur», et M. Couillard ne peut l'associer de près ou de loin à une xénophobe, a affirmé Pauline Marois.
La chef péquiste ne prend pas ses distances par rapport aux déclarations de Mme Bertand sur les étudiants anglophones riches. «Mme Bertrand n'a pas prononcé de propos xénophobes, a défendu Mme Marois. Elle a parlé avec son coeur. Elle a parlé de son engagement dans une cause qui lui tient à coeur depuis 70 ans, et pour laquelle elle a fait un travail remarquable. Je ne crois pas qu'elle mérite les propos que M. Couillard tient à son endroit. C'est pour ça que je lui demande de s'excuser et de tenir un langage plus responsable pour la suite des choses.»