Philippe Couillard a assisté au Red Bull Crashed Ice, samedi, à Québec.

Couillard a un préjugé «favorable» pour le bois

Philippe Couillard affiche un préjugé favorable à l'industrie de la forêt. «Les caribous forestiers, j'aime ça. Mais les travailleurs forestiers et leur famille, ça me préoccupe tous les jours.»
Samedi matin, à Roberval, où il tente de se faire élire, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) s'est engagé à ressusciter un ministère autonome de la Forêt. Au pouvoir, il consacrerait 225 millions $ par an à des travaux d'aménagement de la forêt publique.
De nombreuses mesures portent sur le soutien aux entreprises, autant pour l'accès à la forêt que pour la formation de travailleurs, l'achat d'équipement ou la recherche de nouveaux produits. Le communiqué de presse est muet sur la question de l'environnement.
Le libéral a accusé le gouvernement de Pauline Marois de s'être traîné les pieds dans le dossier Résolu. La multinationale risque de perdre sa certification environnementale, se faisant notamment reprocher de ne pas suffisamment protéger le caribou forestier.
Le chef du PLQ a indiqué qu'il maintient l'engagement de sa formation d'inclure 50 % du territoire nordique dans des aires protégées, mais après «avoir caractérisé leur potentiel. On parle de développement durable, mais on oublie le mot développement», a-t-il précisé.
En point de presse, le leader libéral a insisté sur le fait qu'il allait se «battre bec et ongles pour l'emploi en forêt. Il faut dire aux jeunes [...] qu'il y a encore de beaux et de bons emplois en forêt», a-t-il ajouté.
Il s'est cependant refusé à donner la moindre indication sur le nombre de travailleurs qui pourraient récupérer leur poste. L'industrie forestière a perdu 20 000 emplois, principalement depuis 2005 sous le gouvernement du libéral Jean Charest.
Des pertes justifiables
Ces pertes «sont dues à une kyrielle de facteurs» qui vont, entre autres, de la crise du bois d'oeuvre à la valeur du dollar canadien et à la réduction des droits de coupe, a-t-il évoqué. Sans donner d'ordre de grandeur, il ne s'est engagé «qu'à faire tout ce qui est en [son] possible, comme député de Roberval et premier ministre».
Philippe Couillard a commencé sa rencontre avec les médias en faisant valoir qu'il ne «prend rien pour acquis». «Par contre, quand un journaliste lui a demandé s'il avait un plan «B» au cas où il se ferait battre au Lac-Saint-Jean, il a répliqué : «Je vais être élu».
Une règle non écrite interdit aux chefs de parti de faire campagne dans la circonscription d'un homologue. Depuis le déclenchement de l'élection, six ministres de Pauline Marois ont débarqué dans Roberval.
«Je n'irai pas leur chercher noise», a répondu le leader du PLQ. «Ça témoigne des inquiétudes» de ses adversaires péquistes.
Le même jour, la chef péquiste Pauline Marois était dans la circonscription de Rivière-du-Loup-Témiscouata en compagnie de l'adversaire péquiste de M. Couillard dans Roberval, Denis Trottier. Elle en a aussi profité pour présenter ses engagements en matière de développement régional et de forêt. Elle promet notamment de concevoir des stratégies spécifiques pour chaque région et le déploiement du plan de 675 millions $ sur trois ans issu du Rendez-vous national de la forêt québécoise. Avec Simon Boivin