Côte-Nord: absolution inconditionnelle d'un ex-homme d'affaires... malgré son avocat

Après avoir plaidé coupable à un vol de près de 14 000 $ aux dépens de sa propre entreprise, l'ex-homme d'affaires François Gariépy a reçu une absolution inconditionnelle de la part de la cour. Son propre avocat n'en réclamait pas tant.
On se rappellera qu'en octobre 2012, Gariépy était disparu de la circulation, lui qui était établi sur la Côte-Nord pour y exploiter deux entreprises, Paramanic international et Biosphère télévision, cette dernière établie à Baie-Comeau et Sept-Îles. Endetté, il vivait alors de gros problèmes financiers et une séparation d'avec sa femme.
Gariépy, qui a soutenu avoir craqué sous la pression, était recherché par ses propres employés, laissés sans salaire et sans dirigeant. Sa fuite sans but avait été médiatisée. Durant cette cavalcade de neuf jours qui l'a conduit jusqu'à Banff, en Alberta, il a pigé l'équivalent de 13 784 $ dans le compte de Paramanic, organisation derrière la venue à Baie-Comeau des Championnats du monde de paracyclisme en 2010 et 2013. Il a remboursé cette somme quelques jours après son retour au Québec.
À la lecture des faits, l'avocat de l'accusé, André Cordeau, et sa collègue de la poursuite, Annick Boivin, ont conjointement suggéré une absolution conditionnelle à la réalisation de 248 heures de travaux communautaires et une probation d'une période de 18 mois pour l'homme de 54 ans, aujourd'hui établi au Témiscamingue.
La suggestion commune des procureurs écartée
Le juge Michel Dionne a toutefois fait remarquer qu'il n'était nullement lié par cette suggestion commune. En conséquence, il a accordé à Gariépy une absolution inconditionnelle. Pour rendre cette décision, le juge Dionne a dit se baser notamment sur la cause de Gilbert Rozon, qui avait reçu une absolution inconditionnelle en appel après avoir reçu une amende de 1100 $ en première instance, plaidant coupable à une accusation d'agression sexuelle.
Pour le juge, les deux causes se ressemblent dans le sens que les deux hommes étaient avantageusement connus dans leur milieu, s'engageaient dans de nombreuses causes, étaient de tous les comités et n'avaient aucun antécédent judiciaire.
Le tribunal a d'ailleurs souligné que les nombreux engagements de Gariépy ont probablement contribué à miner son couple, un des événements qui l'ont conduit à son «suicide professionnel», pour reprendre les termes de Me Boivin. Et tout comme pour Rozon, les déboires judiciaires de Gariépy se sont retrouvés dans les médias, a aussi rappelé le juge pour motiver sa décision.