Pauline Marois a accueilli comme une bonne vieille blague l'analyse de la firme spécialisée dans les nouvelles économiques Bloomberg sur la nervosité des marchés et une possible décote de la province, si elle conserve le pouvoir.

Cote de crédit du Québec: Marois se moque de Bloomberg

Pauline Marois ne s'inquiète pas du tout de la hausse du chômage et des pertes d'emplois, survenues en février. Elle ne peut s'empêcher de s'esclaffer d'entendre l'agence Bloomberg parler de taux d'intérêt plus élevés pour le Québec, si elle accède à un gouvernement majoritaire.
La première ministre a accueilli comme une bonne vieille blague l'analyse de la firme spécialisée dans les nouvelles économiques Bloomberg sur la nervosité des marchés et une possible décote de la province, si elle conserve le pouvoir.
«C'est la théorie du Bonhomme Sept Heures, a-t-elle réagi. On connaît la rengaine. Ils la ressortent, à chaque fois.
«S'il y a un gouvernement qui a bien su gérer les finances publiques», ce serait le sien qui «a baissé le coût de la dette», contrairement, a-t-elle ajouté, au libéral Philippe Couillard qui entend «rehausser les investissements publics».
La chef du Parti québécois a nuancé les chiffres de Statistiques Canada. L'agence gouvernementale rapporte un léger relèvement du taux de sans emploi et la disparition de 26 000 postes au Québec. «Il y a beaucoup de volatilité dans les données» mensuelles, a-t-elle soutenu.
Pauline Marois a répliqué en mettant de l'avant les prévisions de son gouvernement. Les programmes et projets qu'il défend permettront l'émergence de 172 000 emplois sur cinq ans, dont 44 800. La promesse libérale de 250 000 postes pendant la même période lui apparaît irréaliste.
«Enjeux imaginaires» du PQ, dit Couillard
Ces nouveaux chiffres ont été l'occasion pour Philippe Couillard de blâmer le Parti québécois. Le chef du Parti libéral du Québec a martelé que le gouvernement Marois ne s'est pas occupé des «vraies affaires» ces 18 derniers mois.
«Ces pertes d'emploi, c'est l'état catastrophique de l'emploi et de l'économie qui nous amènent à jouer notre rôle et à embarquer sur la patinoire politique», a commenté le chef du PLQ en faisant référence aux «67 000 emplois perdus en 2013». Il s'agit d'une donnée qu'il attribue au gouvernement Marois et qu'il a régulièrement mentionnée en ces premiers jours de campagne.
«Concentrons-nous sur les vrais enjeux», a-t-il dit à propos de l'économie, plutôt que de débattre de la Charte des valeurs ou d'un référendum. «Eux (le PQ] créent des enjeux imaginaires pour distraire l'attention des Québécois. Ce n'est pas acceptable. Moi je suis tanné de ça.»
Enbridge : Québec impuissantLa chef du PQ a cependant confessé qu'elle et son gouvernement ne peuvent rien faire face à l'Office national de l'énergie. L'ONE vient d'autoriser l'inversion du pipeline «9B» d'Enbridge pour faire en sorte qu'à l'avenir, il transportera du pétrole provenant notamment des sables bitumineux de l'Alberta vers le Québec.
Le gouvernement Marois a tenu une commission parlementaire sur le sujet. Elle concluait qu'il pouvait se réaliser, mais à certaines conditions. «Je crois malheureusement le cas», a-t-elle admis lorsqu'elle s'est fait demander si elle serait impuissante à bloquer le projet si les conditions de l'ONE ne la satisfont pas. «Dans un État québécois indépendant, libre et souverain, c'est nous qui poserions les conditions», s'est-elle contenté de dire.
Avec Valérie Gaudreau