Agnès Zacharie incarne une attendrissante et résiliente grand-mère, tandis que Christian Essiambre joue le rôle d'Octavio, qui entretient une relation très conflictuelle avec son paternel Juan (Réjean Vallée).

Conte de la neige aux Gros Becs: apprivoiser ses racines

Dans les années 70, à Québec, un garçon de 10 ans désespère de trouver sa place. Fils d'immigrant, Octavio a du mal à comprendre son écrivain de père, toujours occupé avec Erika, sa dactylo...
Huit ans après Conte de la Lune, qui a remporté un franc succès, l'auteur et metteur en scène Philippe Soldevila revient avec une suite, Conte de la neige, aussi produite par le Théâtre des Confettis. Après avoir présenté l'histoire de Juan, un enfant tourmenté par la guerre civile en Espagne dans les années 30, l'auteur dramatique récidive pour raconter, 50 ans plus tard, l'histoire du fils de Juan, Octavio, né à Québec.
Les comédiens d'origine de Conte de la Lune sont de la partie : Agnès Zacharie incarne une attendrissante et résiliente grand-mère, Réjean Vallée prend le rôle de Juan, le père, et Christian Essiambre joue le rôle de son fils, Octavio.
Ce dernier livre avec beaucoup de justesse et d'humour le texte à saveur biographique de Philippe Soldevila. Pour Octavio, il est difficile de faire face à l'exclusion, lui qui est né au Québec comme tous ses camarades de classe, mais qui porte malgré lui le poids de l'identité culturelle transmise par ses parents. À 10 ans, Octavio rêve de s'appeler Louis Gagnon et d'apprendre à patiner. Le garçon entretient une relation très conflictuelle avec son paternel, jusqu'à ce que sa chantante grand-mère mène tranquillement Octavio à découvrir et à apprivoiser ses racines.
Outre son propos pertinent et bien ficelé, Conte de la neige compte sur une scénographie particulièrement intéressante. Erica Schmitz, Luc Rondeau et Christian Fontaine ont fait un travail remarquable pour que l'espace scénique se transforme en un clin d'oeil, sans jamais que le décor change. Des ombres chinoises, la découverte d'un objet, des voix en coulisses, de l'action en fond de scène derrière un rideau translucide; il ne suffit que de peu pour nous transporter de l'appartement à l'école, de l'extérieur à l'intérieur, et même dans l'Espagne des années 30.
Les comédiens évoluent sur la même scène morcelée et accidentée que dans Conte de la Lune, avec son gros coffre rempli de souvenirs qui rappellent la première pièce. Les références sont aussi manifestes dans le récit, et on se plaît vraiment à espérer, comme Philippe Soldevila en a émis le souhait, que les deux pièces soient un jour présentées ensemble.
Conte de la neige s'adresse aux enfants de neuf ans et plus et est présenté aux Gros Becs jusqu'au 16 février.