Avec la nouvelle procédure du constat de décès à distance, les ambulanciers de Port-Cartier, de Sept-Îles et de la Minganie n'auront plus à transporter le corps de la personne décédée à l'hôpital, dans certaines situations.

Constats de décès à distance: le service implanté dans l'Est

Le constat de décès à distance pour les personnes prises en charge par les services ambulanciers s'étend dans la province. Après la grande région de Québec en décembre, la nouvelle façon de faire est implantée depuis lundi dans l'est de la Côte-Nord. Cette façon de faire, gérée à partir de l'Hôtel-Dieu de Lévis, vise à améliorer la disponibilité des ambulanciers sur le territoire.
Par cette procédure, les ambulanciers de Port-Cartier, de Sept-Îles et de la Minganie n'auront plus à transporter le corps de la personne décédée à l'hôpital, dans certaines situations. La tâche reviendra désormais aux entreprises funéraires, dans les cas de mort naturelle, ou au coroner, pour les cas de mort obscure, suspecte ou violente.
Pour obtenir un constat de décès à distance, les ambulanciers doivent communiquer avec un urgentologue de l'Hôtel-Dieu de Lévis, là où se trouve l'Unité de coordination clinique des services préhospitaliers d'urgence (UCCSPU). Cette unité, en place depuis 2011, a reçu près de 3000 demandes de constat à distance. Dans 80 % des cas, le décès a été confirmé.
«Le constat de décès à distance a pour objectif de redonner au véhicule ambulancier sa vocation première, soit celle de transporter des patients vers l'hôpital», a souligné la coordonnatrice de l'UCCSPU, Denise Hébert. «Quand une ambulance doit faire une heure de route pour aller porter un corps à l'hôpital et une autre heure pour retourner à son poste, c'est une période de deux heures non couverte par un véhicule d'urgence dans ce secteur. Ça augmente considérablement le délai pour ceux et celles qui ont véritablement besoin d'une ambulance.»
L'UCCSPU a récemment démarré un projet de recherche afin de déterminer combien de temps les ambulanciers peuvent sauver à ne plus transporter le corps de personnes décédées à l'hôpital. «Si le véhicule est tout près de l'hôpital, le gain peut être minime, mais au-delà de 15 minutes de transport, je suis convaincue que le gain moyen de temps est significatif. L'étude nous le dira», a déclaré la coordonnatrice.
Certains cas particuliers
Il y a certains cas où les ambulanciers devront encore conduire le corps dans un centre hospitalier, soit si le décès survient dans un lieu public, si la famille demande une autopsie, s'il s'agit du décès d'un enfant, si le décès a eu lieu dans l'ambulance ou si le médecin de l'Unité refuse de compléter le constat de décès à distance. «Les principales causes de refus sont quand la cause du décès n'est pas claire ou quand il n'y a pas de maison funéraire», a expliqué Mme Hébert.
L'Unité de coordination clinique de l'Hôtel-Dieu de Lévis s'occupe de l'est du Québec, «même [s'il] a la capacité de le faire pour l'ensemble du Québec», a soutenu la coordonnatrice. Les MRC de Sept-Rivières et de Minganie sont les premiers secteurs de la Côte-Nord à implanter cette formule, en vigueur dans la région de Québec depuis décembre dernier. Selon Mme Hébert, le secteur de Baie-Comeau devrait emboîter le pas sous peu.
Les maisons funéraires coopéreront
Du côté des entreprises funéraires, qui devront désormais aller chercher les corps avec l'implantation du constat de décès à distance, on accepte cette nouvelle tâche de bonne grâce. «Je pense que c'est correct que ça revienne aux maisons funéraires. Aller chercher le corps à l'hôpital ou au domicile du défunt, c'est le même transport, ce n'est guère plus compliqué», a signalé Marc Mallet, propriétaire de la Maison funéraire Mallet et fils de Sept-Îles et de deux autres salons à Port-Cartier et à Havre-Saint-Pierre. M. Mallet, qui siège sur le conseil d'administration de la Corporation des thanatologues du Québec, a aussi estimé que la cueillette des dépouilles à domicile ne représentera pas son quotidien. «Dans toute la Côte-Nord, on évalue les cas possibles de constats de décès à distance entre 75 et 80 par année, et d'une dizaine pour la région de Sept-Îles et Port-Cartier. Ça n'arrivera pas à tous les jours», a-t-il ajouté.