La manif du 27 avril regroupait environ 125 personnes, angle Grande-Allée et des Parlementaires. Elle s'était déroulée dans le calme jusqu'à ce que les policiers de Québec encerclent les marcheurs et procèdent à l'arrestation de 81 d'entre eux.

Conflit étudiant et policiers: une enquête publique demandée

Plus d'une trentaine d'organismes de la région de Québec unissent leur voix pour réclamer la tenue d'une enquête publique sur les interventions policières lors du conflit étudiant, qui a aussi fait des vagues dans la capitale, affirment-ils.
Sur les 3418 arrestations survenues entre le 16 février et le 3 septembre, plus de 530 ont eu lieu à Québec. La capitale a aussi connu son lot d'arrestations arbitraires, de brutalité policière, d'interpellations abusives et de conditions de détention inacceptables, même si les manifestations étaient beaucoup plus calmes qu'à Montréal, affirme le coordonnateur de la Section Québec de la Ligue des droits et libertés, Sébastien Harvey.
«Il s'est passé beaucoup de choses inacceptables à Québec, on veut que la lumière soit mise là-dessus. C'est important qu'il y ait une enquête provinciale, pas juste à Montréal, pour arriver à avoir un portrait global, affirme M. Harvey. Une partie de la société n'a plus aucune confiance dans le travail des policiers.»
C'est le cas d'Amy Bernier-Desmarais, une étudiante de 19 ans qui s'est fait arrêter à quatre reprises le printemps dernier. Elle a raconté hier lors d'un point de presse comment elle s'est fait prendre en souricière par des policiers qui n'ont jamais dit aux manifestants qu'ils devaient quitter les lieux.
«Une autre fois, on circulait en file indienne sur le trottoir et à un moment donné, on a dû longer des autos à la file, comme un groupe de maternelle. Les policiers ont jugé qu'on bloquait la rue et on nous a arrêtés», a-t-elle affirmé. Lors de ces arrestations, l'étudiante a été détenue pendant de longues heures, parfois avec des tie-wrap trop serrés aux poignets. Amy Bernier-Desmarais a reçu quatre contraventions de 494 $ chacune, qu'elle conteste. «Je reste anxieuse à chaque fois que je vois un policier», dit-elle.
Une enquête publique a déjà été réclamée, ce printemps, par Amnistie internationale et la Ligue des droits et liberté, de même que par un collectif regroupant une centaine d'enseignants, en septembre.
Au cabinet du ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, on indique que la demande est «sous examen» pour l'instant. Près de 200 plaintes en déontologie policière, reliées au conflit étudiant, ont été reçues jusqu'à maintenant.