Devant plusieurs membres de sa famille et les proches de la victime, Paul Poisson a affirmé mardi, d'une voix précipitée, être profondément désolé.

Conduite avec facultés affaiblies causant la mort : la prison pour un ex-v.-p. de Vertdure

L'ex-vice-président du Groupe Vertdure Paul Poisson devra passer trois ans derrière les barreaux pour avoir fauché la vie de Sébastien Guay, alors qu'il conduisait sa voiture en état d'ébriété.
La famille de la victime était visiblement déçue de la sentence, assez loin de la suggestion de quatre ans et demi faite par le ministère public. «On est soulagés que ce soit fini après trois ans de procédures, mais on aurait aimé un message un peu plus fort pour la dissuasion au niveau de la société», expliquait Brigitte Guay, la grande soeur de Sébastien Guay.
Quelle que soit la sentence, la famille subira sa peine à perpétuité, fait remarquer Mme Guay. «Dans un mois, ça va faire trois ans que Sébastien a été tué et l'an prochain, quatre ans. La peine n'ira jamais en diminuant.»
Les parents de la victime, encore trop affectés par le drame, n'ont pas été capables d'assister au prononcé de la sentence.
La tragique collision entre Paul Poisson et Sébastien Guay est survenue au petit matin du 19 mars 2011.
Poisson venait de fêter, depuis le midi précédant, le début de la haute saison chez Groupe Vertdure. Avec ses collègues et amis, il a écumé les bars de Thetford Mines et de Québec, où il a consommé de la méthamphétamine.
Vers 6h, toujours en état d'ébriété, mais tenu éveillé par la drogue, il décide de prendre son véhicule pour se rendre à sa maison de l'Île-aux-Coudres.
Rendu à la hauteur de Saint-Tite-des-Caps, son véhicule quitte sa voie et percute de plein fouet la camionnette de Sébastien Guay, qui s'en allait rejoindre son frère.
L'homme de 39 ans, qui vivait avec ses parents vieillissants dans Charlevoix, est mort sur le coup.
Un prélèvement sanguin révélera que Paul Poisson avait un taux d'alcoolémie de 0,156, soit près de deux fois la limite légale.
Paul Poisson, 57 ans, a plaidé coupable rapidement et présente un risque de récidive faible, a souligné le juge Alain Morand. L'homme a aussi exprimé des remords sincères devant les membres de la famille de la victime, a ajouté le magistrat.
Pour rendre sa sentence, le juge Morand n'a eu d'autre choix que de tenir compte d'une décision de la Cour d'appel de 2011, l'arrêt Paré, qui est venu établir la fourchette de peine dans les cas de conduite avec les capacités affaiblies causant la mort.
Le cas de Paul Poisson présente un grand nombre de similitudes avec cet arrêt de la Cour d'appel, a dit le juge, justifiant ainsi l'imposition d'une peine semblable, soit trois années de détention, jumelée à une interdiction de conduire de six ans.