Plus de 1200 personnes étaient attendues mercredi au Concorde pour visiter l'hôtel ainsi que le restaurant Ciel! ouvert jeudi dernier.

Concorde: la poursuite officielle déposée contre la Ville

La Ville de Québec est officiellement poursuivie par un groupe d'investisseurs qui souhaitait mettre la main sur Le Concorde au printemps dernier.
Isaac Darwiche, son père Simantob Darwiche ainsi que le promoteur immobilier de Québec Michel Delisle passent de la parole aux actes. Après avoir menacé de poursuivre la Ville à hauteur de 12 millions $ en juin, les trois hommes d'affaires ont déposé une requête officielle jeudi, prétextant avoir perdu «une occasion d'affaires» en raison d'une décision «illégitime» prise par l'administration municipale. Me Stéphane Harvey, leur mandataire, a confirmé l'information au Soleil, vendredi. La cause, a-t-il dit, doit être entendue dans un délai de dix jours devant la Cour supérieure. Le groupe avait jusqu'au 24 octobre pour déposer une poursuite.
Pour ceux qui ne les replacent pas, ces investisseurs, à l'époque anonymes, avaient été la cible d'allégations voulant qu'ils aient des liens avec la mafia. C'est du moins ce que le maire de Québec, Régis Labeaume, affirmait, «deux sources» à l'appui.
Le nerf de la guerre
Si ces allégations, qui n'ont pas eu de suite, figurent à la poursuite, le nerf de la guerre est plutôt du côté du règlement de contrôle intérimaire adopté par le conseil exécutif le 8 avril 2014. Ce règlement visait à ce qu'un éventuel acquéreur du Concorde conserve la vocation hôtelière de l'édifice.
Or, selon Me Harvey, la Ville de Québec est allée plus loin, limitant tout autre usage, ce qui violerait le droit de propriété. «On [le groupe] respectait la vocation hôtelière. Seulement on voulait aussi faire des condos», a-t-il expliqué. Me Harvey prétend que la Ville a taillé sur mesure un règlement pour bloquer la route aux investisseurs. Il accuse le maire d'avoir «utilisé le pouvoir à mauvais escient».
Le montant indiqué à la poursuite est pour l'instant de 150 000 $, mais n'est que symbolique. Des évaluations de dommages et intérêts sont à venir et pourraient faire passer la somme à plusieurs millions de dollars.