Économiser le plus tôt possible constitue une excellente idée.

Comprendre le CELI

L'instauration du compte d'épargne libre d'impôt (CELI), en 2009, part d'un «voeu du gouvernement [fédéral] de créer un nouvel incitatif pour l'épargne», explique Pier-Luc Lafontaine, du Groupe Investors.
<p>Pier-Luc Lafontaine est comptable professionnel agréé, courtier en épargne collective et conseiller en sécurité financière pour le Groupe Investors.</p>
Celui qui est comptable professionnel agréé, courtier en épargne collective et conseiller en sécurité financière à Québec signale qu'encore aujourd'hui, le CELI, c'est «le petit nouveau», «l'incompris». «Les clients de longue date qui épargnent commencent à bien [le] comprendre, mais ce n'est vraiment pas le cas de tous», indique M. Lafontaine.
Un véhicule enregistré
Pour mieux comprendre cet outil d'épargne, il importe notamment de savoir qu'il s'agit d'un véhicule «enregistré», au même titre que le régime enregistré d'épargne-retraite (REER). «Lorsqu'on parle d'un véhicule "enregistré", cela signifie qu'il l'est auprès du gouvernement. Le fait qu'un véhicule soit non enregistré ne veut toutefois pas dire qu'il est non garanti», prévient Pier-Luc Lafontaine.
Rendement à l'abri de l'impôt
Les placements qu'il est possible de faire à l'intérieur d'un CELI sont semblables à ceux pour le REER: actions, obligations, certificats de placement garanti, etc. Toutefois, cotiser à un CELI n'entraîne pas de déduction d'impôt. «Il s'agit de placements avec de l'argent après impôt. L'argent retiré sera alors non imposable», tout comme le rendement, qui fructifie à l'abri de l'impôt, mentionne M. Lafontaine.
Il s'agit d'une différence fondamentale avec le REER, dont les placements se font avec de l'argent «avant impôt», et qui entraîne une déduction sur l'impôt à payer lors de la cotisation. C'est lors du retrait des sommes, à la retraite, que l'impôt sera prélevé sur le capital et le rendement généré.
Situations avantageuses
On comprend alors que le CELI peut être un bon véhicule d'épargne pour la retraite, particulièrement si l'impôt à payer sur les sommes perçues à ce moment est plus élevé que pendant les années passées à travailler. C'est moins courant, certes, mais possible s'il y a une diversité de sources de revenus, indique M. Lafontaine.
Dans certaines situations, il peut être aussi avantageux d'utiliser le CELI pour y placer son épargne en attendant de cotiser à un REER. M. Lafontaine donne cet exemple : une personne qui commence dans une nouvelle entreprise et qui gagne un salaire de 40 000 $ par année prévoit qu'elle devrait avoir une promotion d'ici trois ans et gagner alors 70 000 $ annuellement. Elle aura avantage à épargner dans son CELI et à conserver ses droits de cotisation au REER pour obtenir davantage de déductions d'impôt lorsqu'elle aura un salaire plus élevé.
«Si je dépose 15 000 $ dans un CELI en trois ans et que ça me donne, avec le rendement, 18 000 $, je peux le retirer puis cotiser à un REER. Ce sera alors 18 000 $ qui seront déduits de mes impôts cette année-là», illustre M. Lafontaine.
18 ans et plus
Contrairement au REER, dont les droits de cotisation s'accumulent dès qu'un jeune commence à travailler, le CELI est accessible uniquement aux personnes âgées de 18 ans ou plus. Une personne qui atteint sa majorité en 2015, par exemple, obtiendra des droits de cotisation à partir de cette année-là et pour les suivantes. Les droits de cotisation de 2009 à 2014 ne lui seront donc pas octroyés, puisqu'ils ne sont pas rétroactifs.
Il est possible pour un épargnant d'avoir plus d'un compte d'épargne libre d'impôt, mais le plafond annuel demeure le même - en 2016, il est de 5500 $, que cette personne ait un ou quatre comptes.
S'il y a des cotisations excédentaires, l'impôt à payer sur celles-ci sera de 1 % mensuellement. Par exemple, si quelqu'un place 7000 $ dans un CELI en septembre 2016 et qu'il ne fait pas de retrait, il devra payer 1 % d'impôt par mois sur 1500 $ pendant trois mois. Dès la nouvelle année, sa situation se régularisera, mais il aura déjà 1500 $ de moins à cotiser sur ses nouveaux droits, mentionne Pier-Luc Lafontaine.