Les soeurs Justine et Chloé Dufour-Lapointe ont remporté respectivement l'or et l'argent à l'épreuve des bosses, samedi, à Sotchi.

Commandites: les soeurs Dufour-Lapointe assises sur une mine d'or

La performance olympique des soeurs Dufour-Lapointe aux Jeux de Sotchi en ski acrobatique (bosses) vient de leur ouvrir les portes du lucratif marché de la commandite sportive.
«Ce n'est pas un coup de circuit, mais bien un grand chelem pour les soeurs Dufour-Lapointe», soutient le spécialiste en marketing sportif, Jean Gosselin.
Ce dernier, qui a notamment négocié des ententes de commandites pour le skieur acrobatique Jean-Luc Brassard, le plongeur Alexandre Despatie et la patineuse Isabelle Charest, est d'avis que les soeurs Dufour-Lapointe sont maintenant assises sur une véritable mine d'or.
«Elles ont une grande valeur pour des commanditaires. Elles ont une histoire. Non seulement elles sont populaires, mais elles sont également attrayantes. Et ça, ce sont des qualités très recherchées», dit-il.
Leur popularité médiatique a d'ailleurs explosé quelques heures après la performance de Justine (19 ans) et de Chloé (22 ans), qui ont respectivement raflé l'or et l'argent lors de la finale féminine des bosses en ski acrobatique samedi dernier, sous les yeux de l'aîné de la famille, Maxime (24 ans), également membre de l'équipe canadienne.
Leur compte Facebook, qui dénombrait quelque 2000 mentions «J'aime» avant les Jeux, comptait lundi soir plus de 112 000 admirateurs.
La famille Dufour-Lapointe semble d'ailleurs très bien maîtriser l'art du marketing alors que tout tourne autour du clan familial. Chemin faisant, une seule page Fabebook et un seul compte Twitter ont été créés, et ce, pour les trois soeurs.
Attention aux faux pas
Pour l'heure, les soeurs Dufour-Lapointe parlent de vouloir lancer leur propre ligne de vêtements qui pourrait porter le nom de 3SDL (pour trois soeurs Dufour-Lapointe). D'autres projets de commandites seraient également en pourparlers.
Pour leur principal commanditaire, le géant alimentaire québécois Saputo, la visibilité médiatique se fait déjà sentir. Saputo a notamment vu son logo circuler partout dans le monde après la performance des skieuses acrobatiques.
Reste que dans le petit monde de la commandite sportive, ne se faufile pas qui veut au sommet des ententes les plus lucratives. «Au-delà de la notoriété, c'est la personnalité d'un athlète qui lui permet de se distinguer», rappelle le spécialiste en marketing sportif.
Au Canada, une grosse commandite avec un partenaire majeur peut rapporter plus de 100 000 $ par année à un athlète doté d'une forte personnalité. Aux États-Unis, la même entente peut valoir plus d'un million de dollars à un médaillé olympique.
Certains athlètes, comme le skieur acrobatique Alexandre Bilodeau qui a de nouveau remporté une médaille d'or hier, peuvent parfois toucher jusqu'à 200 000 $ en commandites par année. Peu d'athlètes olympiques au pays revendiquent d'ailleurs ce statut.
S'il avait d'ailleurs un conseil à formuler à la famille Dufour-Lapointe, Jean Gosselin leur recommanderait de prendre leur temps. «Il faut savoir résister à la tentation de sauter sur les premières offres. Certains commanditaires sont parfois prêts à allonger beaucoup d'argent, mais ces derniers s'attendent à beaucoup en retour.»
D'autant plus que les trois soeurs Dufour-Lapointe ont déjà confirmé leurs intentions de participer aux prochains Jeux olympiques de Pyeongchang, en Corée du Sud, en 2018.
M. Gosselin rappelle qu'un «mariage parfait» entre un commanditaire et un athlète peut parfois s'étirer sur plusieurs années. Il cite notamment le cas du plongeur Alexandre Despatie qui est toujours porte-parole pour le géant de restaurant rapide McDonald's au Canada malgré son retrait de la compétition.
20 000 $ pour une médaille d'or
Depuis 2008, les athlètes canadiens qui performent lors d'une compétition olympique ont droit à des bonis. Le Comité olympique canadien (COC) offre ainsi 20 000 $ à un médaillé d'or, 15 000 $ pour une médaille d'argent et 10 000 $ pour une médaille de bronze. Le Canada offre aussi des bonis aux entraîneurs des athlètes médaillés olympiques. Le COC verse la moitié du montant obtenu par l'athlète à son entraîneur.
À titre de comparaison, le pays hôte des Jeux, la Russie, offre pour sa part quelque 135 000 $ à un athlète qui met la main sur une médaille d'or, 81 600 $ pour une médaille d'argent et 54 500 $ pour une médaille de bronze.