Yves «Colosse» Plamondon est en liberté provisoire depuis le mois dernier, après 28 ans passés derrière les barreaux.

«Colosse» Plamondon: la cause devancée laisse croire à l'abandon des accusations

Yves «Colosse» Plamondon fêtera-t-il la Saint-Patrick en homme libre? Le ministère public a demandé à ce que le dossier soit ramené le 13 mars, un mois avant la date fixée pour le procès. Les avocats du célèbre détenu espèrent que la Couronne annoncera alors l'abandon des accusations.
Le deuxième procès devant jury d'Yves Plamondon, accusé de trois meurtres commis dans les années 80, a été fixé au 28 avril. Les parties doivent se voir le 9 avril pour des discussions sans la présence des jurés.
Le Soleil a pu se faire confirmer mardi par le Directeur des poursuites pénales et criminelles (DPCP) que les deux procureurs de la Couronne affectés au dossier Plamondon, Me Denis Dionne et Me Michel Breton, ont demandé que la cause soit inscrite au rôle - la liste des causes entendues - du 13 mars.
C'est le juge Richard Grenier, déjà assigné au dossier, qui entendra l'annonce que doivent faire les deux représentants du ministère public.
Les avocats d'Yves «Colosse» Plamondon n'imaginent pas d'autre raison qu'un abandon des accusations pour justifier cette mise au rôle imprévue. «Mais parfois, la vie nous réserve des surprises!» fait remarquer, prudente, Me Catherine Beaupré.
Second procès
Le 22 novembre, après plusieurs années de procédures, la Cour d'appel a conclu que l'ex-trafiquant de drogue Plamondon avait droit à un second procès, le premier ayant manqué d'équité, concluent les juges. Des éléments de preuve n'avaient notamment pas été divulgués à la défense.
Depuis cette date, le DPCP a mandaté deux procureurs chevronnés, Me Denis Dionne et Me Michel Breton, pour analyser tout le dossier et décider s'il était possible ou non de tenir un second procès pour trois homicides, 30 ans après les crimes.
L'avocat de Plamondon, Me Daniel Rock, soutient depuis le début qu'un second procès est une entreprise vouée à l'échec, le témoin principal de la poursuite, André «Bull» Desbiens, étant décédé.
D'autant plus que les pièces à conviction utilisées lors du premier procès en 1986 ont été majoritairement détruites depuis belle lurette.
Les avocats d'Yves «Colosse» Plamondon ont déposé le 12 février une requête en arrêt des procédures. Ils estiment que leur client n'aura jamais droit à une défense pleine et entière, car eux-mêmes n'ont pas eu accès à des éléments de preuve.
Yves «Colosse» Plamondon, 64 ans, a pu reprendre sa liberté de manière provisoire le 23 janvier après 28 ans derrière les barreaux à nier sa culpabilité. Le tribunal lui a imposé plusieurs conditions, notamment de demeurer chez son frère, dans le quartier Saint-Sauveur. Ce frère a accepté de verser une caution de 10 000 $.