Pour la chef Colombe Saint-Pierre, propriétaire de Chez Saint-Pierre au Bic, la cuisine est un art mais aussi un engagement envers ses clients gastronomes. Une vocation, disait-on à une autre époque.

Colombe Saint-Pierre passionnée de gastronomie

Colombe Saint-Pierre peut revendiquer le titre de passionnée de la gastronomie québécoise en région.
<p>Chez Saint-Pierre bistro-pub: une salle à manger chaude et hospitalière.</p>
Pour la chef, propriétaire de Chez Saint-Pierre au Bic, la cuisine est un art mais aussi un engagement envers ses clients gastronomes. Une vocation, disait-on à une autre époque.
À quelques mois de la naissance d'un deuxième enfant, Colombe Saint-Pierre exerce son art en étant tout à la fois philosophe, grande voyageuse à la découverte des goûts et des saveurs, responsable de famille et militante de la gastronomie régionale.
On pourrait même la voir dans 10 ou 15 ans en politique, couleur plutôt vert-orange, pour rendre dans toutes ses grosseurs ses idées, comme dirait un autre autonomiste régional, Victor-Lévy Beaulieu
«Pour faire de la politique, il faut une certaine maturité et une certaine sagesse, pas à 30 ans», réplique-t-elle lorsqu'on l'interroge sur ce point. «Je le sais que mon combat va finir là dans la suite logique des choses. En politique, il va falloir que je me fasse une carapace. Il faut réussir à toucher les gens comme René Lévesque le faisait. Mais actuellement, je suis sur le terrain, au travail dans une entreprise et pas à peu près.»
Ses principales aspirations sont basées sur des principes d'autonomie alimentaire, d'économie locale mais avant tout d'identité régionale.
Colombe Saint-Pierre, fille de gardien de phare dont le restaurant vit à l'ombre de la belle église Sainte-Cécile-du-Bic, a trouvé sa voie après avoir voyagé 10 ans et vécu 11 ans à Montréal.
«Je suis une artiste, une passionnée. Moi, je voulais changer les choses ici, dans mon village. Ma cuisine, c'est le naturel, sauvage, comestible. Je travaille avec une cueilleuse de produits sauvages, comme des épinards de mer. Je respecte les lois de la nature. Je trouve d'autres poissons au lieu d'utiliser, par exemple, les espèces en voie de disparition.»
L'expérience n'a pas été facile à acquérir pour celle qu'on a raillée parce qu'elle allait ouvrir un restaurant gastronomique au Bic en s'approvisionnant chez les producteurs locaux.
Les produits régionaux utilisés à la table de Chez Saint-Pierre sont aussi variés que goûteux, des plantes maritimes aux champignons des bois et pleurotes de culture, petits fruits, légumes biologiques, fleurs comestibles sans oublier les poissons, mollusques et crustacés, les viandes d'agneau, de bélier et de brebis ainsi que le porc biologique et le boeuf de l'île-Verte.
Moments plus difficiles
«Il y a eu des moments de découragement car c'est difficile. Il y a eu du défrichage, expliquer au monde ce que je faisais. C'est une philosophie alimentaire qui par moments est lourde à porter quand tout n'est pas en place pour que ça roule tout seul. J'ai des clients qui font six heures pour venir manger Chez Saint-Pierre. Pour moi, c'est impressionnant. J'ai de jeunes étudiants qui se mettaient 10 $ par semaine, pendant plusieurs semaines, pour venir manger, même sans argent pour le vin. Et je respecte ça. La gastronomie montre à quel niveau s'élève la culture alimentaire d'un peuple.»
Un engagement régionaliste bien senti de la part de Mme Saint-Pierre, dans un milieu où l'autonomie régionale a fait partie de plusieurs grandes batailles.
«J'ai choisi ce domaine pour ancrer une certaine identité québécoise. J'ai voyagé pendant 10 ans à la recherche de goûts et de saveurs. Comme une quête de vérité par la nourriture qui identifie les sociétés et les peuples. C'est un marqueur de société. Je participe ici dans ma région à l'écriture de l'histoire de la gastronomie régionale et québécoise.»
Colombe Saint-Pierre boucle la boucle des générations en donnant des cours de cuisine à des enfants et en offrant des ateliers aux parents.
«Seul, on ne fait rien. Il faut être capable d'expliquer ce que je fais par la communication, au personnel, aux producteurs, aux clients et aux médias. Le personnel doit savoir quoi répondre. Le bistro-pub, ouvert à Rimouski, était pour avoir quelque chose en ville pour répondre à d'autres besoins économiques.»
Le bistro à Rimouski partage les mêmes valeurs d'approvisionnement local que le restaurant du Bic, mais le lieu se veut plus accessible et convivial.
Du temps pour reprendre son souffle? «Le principe d'arrêter est important. Si tu ne prends pas le temps d'arrêter, tu réfléchis mal. Le bonheur est dans l'équilibre.»
Chez saint-pierre
BISTRO-PUB
150, avenue de la Cathédrale, Rimouski
Tél. : 418 730-6525
bistro@chezstpierre.ca
Ouvert à l'année
AU BIC
29, rue du Mont-Saint-Louis
Le Bic
Tél. : 418 736-5051
Au Bic, Chez Saint-Pierre est ouvert de mai à décembre (fermé en novembre).
Soir : du mercredi au dimanche (mardi en été seulement)
Les repas du soir sont servis entre 17h et 21h30.
Midi : du mardi au dimanche (fin juin à début septembre)
Les repas du midi sont servis entre 11h30 et 14h.
Table d'hôte, le midi à partir de 12 $, le soir à partir de 35 $.