Coeur de pirate a souvent quitté son piano pour occuper l'avant-scène avec une aisance qu'on ne lui connaissait pas.

Coeur de pirate épanouie

CRITIQUE / Avec trois albums derrière la cravate et un public fidèle qui la suit de part et d'autre de l'Atlantique, Coeur de pirate a fait ses preuves chansonnières.
Alors qu'elle vient de proposer Roses, un disque bilingue avec lequel elle souhaite conquérir de nouvelles frontières, voilà qu'elle élargit aussi ses horizons scéniques. C'est une interprète résolument épanouie qui est revenue à la rencontre du public de la capitale, jeudi.
On l'a d'abord connue charmante derrière son clavier et parfois un peu maladroite dans ses interventions avec le public. C'est une tout autre Béatrice Martin qui a ouvert jeudi la saison automnale des Nuits FEQ, dans un théâtre Impérial affichant complet. Elle a livré un spectacle encore jeune, mais déjà très solide et de surcroît fort joliment habillé (chapeau pour les projections soignées). La chanteuse y fait visiblement un effort pour sortir de sa coquille. Et ça lui va plutôt bien. 
Offrant un bon survol de sa discographie (avec plusieurs titres qui ont transformé l'Impérial en chorale), Coeur de pirate a souvent quitté son piano pour occuper l'avant-scène avec une aisance qu'on ne lui connaissait pas, esquissant des mouvements de danse parfois un peu grandiloquents (comme dans Crier tout bas, par exemple), mais bien sentis. Visiblement, elle a pris son pied. Et la foule, conquise d'avance, n'a pas été déçue. 
Coeur de Pirate sera de retour dans la capitale le 24 mars, au Grand Théâtre.
Public bavard
En début de soirée, le public de l'Impérial a une nouvelle fois prouvé à quel point il peut être doué pour jaser. On en vient presque à se demander à quoi bon programmer des premières parties aux spectacles quand la majorité de la salle n'en a cure, se montrant au mieux inintéressée, au pire carrément irrespectueuse pour les artistes sur scène. 
Avec sa prestation vocale magnétique et son électro-pop plus encline à remplir l'environnement sonore, Camille Poliquin, alias KROY, ne s'en est pas trop mal tirée pour enterrer la rumeur. Avec son joli bouquet de chansons souvent plus épurées, Félix Dyotte a eu un peu moins de chance. De quoi donner un autre sens à sa chanson Les gens sont décevants...