Roses, Coeur de pirate

Coeur de pirate: conquêtes***1/2

À peine sortie de l'adolescence, Béatrice Martin, alias Coeur de pirate, a frappé fort ici et en Europe : une manière bien à elle de livrer des textes personnels, un indéniable don pour la mélodie. À l'écoute de Roses, son troisième album, elle semble bien loin l'époque où la chanteuse faisait ses premiers pas piano-voix.
À la conquête de nouveaux territoires, l'auteure-compositrice-interprète s'éloigne des racines «chanson française» et propose ici une collection bilingue, la plus produite qu'elle ait créée à ce jour. Épaulée par trois réalisateurs - le Suédois Björn Yttling et les Britanniques Rob Ellis et Ash Workman -, la Québécoise gagne en maturité et perd en vulnérabilité, sans toutefois délaisser les territoires de tourmente et de mélancolie auxquels elle nous a habitués. L'ensemble s'avère cohérent, voire un peu linéaire par moments... Une impression que réussissent toutefois à casser quelques titres qui se démarquent positivement - Cast Away (qui passe de l'épuré à l'épique) et les très efficaces Oceans Brawl ou Carry On - ou un peu moins : I Don't Wanna Break Heart, plutôt sympa, mais au segment rappé plutôt plaqué.