Gilles Ruel, qui a avoué avoir posé des gestes de nature sexuelle sur une quinzaine de personnes de sexe masculin âgées de 12 à 18 ans.

Clémence demandée pour un agresseur sexuel de Lévis

La défense recommande une peine de 15 à 18 mois d'emprisonnement pour un résident de Lévis de 68 ans, Gilles Ruel, qui a avoué avoir posé des gestes de nature sexuelle sur une quinzaine de personnes de sexe masculin âgées de 12 à 18 ans.
Lors des représentations sur la peine tenues vendredi après-midi au palais de justice de Québec, l'avocat de Ruel, Me Réjean Lavoie, a notamment soutenu, pour appuyer sa demande, que les victimes avaient gardé des séquelles non significatives des crimes réalisés par son client. L'homme a déjà suivi plus d'une vingtaine de thérapies afin de circonscrire les origines de sa déviance et les risques de récidive seraient faibles, surtout que sa libido serait pratiquement au point mort. Il n'aurait pas eu de relations sexuelles avec sa conjointe depuis plus de 15 ans.
Ruel était accompagné de trois de ses filles pour cette étape du processus judiciaire. Il n'a pas témoigné pour sa défense et est demeuré assis et très discret durant les procédures qui se sont étirées sur près de deux heures.
Les gestes posés par le délinquant se sont produits à différentes époques, notamment dans les années 1970, puis à nouveau en 1995 et plus récemment, en 2010, quand il a mis sa main dans les pantalons de l'une des victimes pour ensuite se masturber.
Dans ses remarques, Me Lavoie a tenu à rappeler que pendant une période de 29 ans, Ruel ne s'en est pas pris à des garçons, à une exception près en 1995, et ensuite en 2010, ce qui démontrerait qu'il est en mesure de contrôler ses pulsions.
Ruel faisait souvent boire de l'alcool à ses victimes avant de passer à l'acte. Elles étaient la cible d'attouchements, mais aussi de gestes de masturbation et de fellation.
Ruel a oeuvré au sein des scouts durant une vingtaine d'années, ainsi que dans l'organisation du Carnaval Camarade dans les années 1970. Il est important de préciser que les victimes n'étaient pas des scouts, mais des jeunes de l'entourage immédiat de Ruel, notamment des voisins. Il a aussi rencontré certaines victimes par le biais de son implication au Carnaval.
«Héro du quotidien»
Le dévouement bénévole de Ruel avait été souligné en 2011, alors qu'il avait été en nomination pour le titre de «Héros du quotidien» dans le cadre d'un concours organisé en marge des festivités des 375ans de Lévis. Rattrapée par l'arrestation de Ruel en avril de la même année, l'organisation responsable du concours avait retiré la candidature de ce délinquant sexuel, par respect pour les victimes.
Le juge René de la Sablonnière devrait rendre sa décision sur la peine le 4 juin prochain. Pour sa part, la Couronne, représentée par Me Carmen Rioux, demande une peine de pénitencier de 40 mois. Me Rioux avait formulé ses remarques sur la peine en mai 2013.