Claude Larochelle et le capitaine des Nordiques, Jean-Claude Tremblay, au début des années 70. L'ancien chroniqueur et directeur de la section sportive du Soleil est le seul journaliste de Québec à avoir son nom gravé au Temple de la renommée du hockey, à Toronto.

Claude Larochelle, le grand oublié du Centre Vidéotron

Un mois après l'ouverture officielle du Centre Vidéotron, Claude Larochelle n'y a toujours pas sa place. Des ténors du milieu élèvent la voix pour qu'on honore enfin la mémoire de ce grand journaliste de hockey dans le nouvel amphithéâtre.
Dans la foulée de l'annonce par le gestionnaire de l'édifice, Québecor, que la galerie de presse porterait le nom d'Albert Ladouceur, chroniqueur du Journal de Québec décédé en mai, et la salle des médias celui de Marc Simoneau, homme de radio mort deux ans plus tôt, le nom du chroniqueur du Soleil surgit pour plusieurs en tête de liste des hommages posthumes incontournables.
Larochelle est le seul journaliste de Québec à avoir son nom gravé au Temple de la renommée du hockey, à Toronto. «C'est une aberration que la Ville de Québec n'ait pas soumis son nom», affirme Maurice Dumas, qui a côtoyé Claude Larochelle dans nos pages de 1974 à 1998.
Ils ont fait équipe sur la couverture des Nordiques de 1974 à 1990, Larochelle comme chroniqueur, Dumas comme reporter. À la retraite de Claude Larochelle, Dumas a pris la relève comme directeur de la section sportive du Soleil, jusqu'à sa propre retraite.
«Son influence a de loin débordé la région de Québec et même le Québec. Il a de plus inspiré toute une génération de journalistes, les Réjean Tremblay, Yvon Pedneault, Bertrand Raymond, Michel Villeneuve...» fait valoir Dumas, qui compte parmi ses plus nobles héritiers.
Loin de renier la filiation, Tremblay et Villeneuve croient qu'un geste concret doit être posé. «Qu'il soit ignoré aujourd'hui, c'est d'une tristesse! Comment peut-on oublier le plus grand à Québec? On a un devoir de mémoire», insiste Villeneuve, voix radio et télé des Nordiques de 1974 à 1995.
Claude Bédard aussi
Villeneuve et Tremblay ajoutent Claude Bédard parmi les carrières à souligner d'une façon ou d'une autre dans le nouveau temple sportif. À la retraite, l'ex-chroniqueur du Journal de Québec vit toujours.
«Si on parle encore de hockey à Québec, c'est à cause de Claude Larochelle et de Claude Bédard», insiste Villeneuve. Propos repris par Tremblay. «Ils ont été à la base de l'arrivée des Nordiques avec l'AMH [1972], puis ils se sont battus pour la fusion avec la LNH [1979], la rénovation du Colisée [1980] et le sauvetage [départ en 1995]», rappelle l'ancien chroniqueur de La Presse passé au Journal de Montréal et auteur de la célèbre série Lance et compte.
Pour Tremblay, Claude Larochelle est «le premier vrai columnist que j'ai lu. Celui qui nous racontait des histoires, c'est Larochelle. Et j'applique encore le meilleur conseil qu'il m'a donné : "Celui qui ferme le vestiaire, c'est celui qui ramasse la meilleure histoire."» Sans oublier ce «formidable chroniqueur de baseball».
Réjean Tremblay révèle en avoir glissé un mot au vice-président aux affaires publiques de Québecor, Martin Tremblay, lors de la conférence de presse de boxe tenue mardi matin au Centre Vidéotron.
La question a été posée au président et chef de direction de Québecor, à la même occasion. «On prend les décisions une à la fois. On va regarder l'ensemble des choses qui doivent être faites pour immortaliser certaines personnes. On va en discuter dans le futur», a répondu Pierre Dion au collègue du Journal de Québec.
=> Claude Larochelle, 50 ans de journalisme sportif
1931: Naît à Québec, le 6 mai
1950 : S'aligne pour les Citadelles, avec Jean Béliveau et Camille Henry 
1951 : Fonde Sport Revue, magazine mensuel à succès qu'il écrit et produit jusqu'en 1963
1958 : Fait ses débuts comme pigiste à L'Action catholique
1959 : Commence au Soleil au rythme de trois chroniques par semaine
1963 : Devient journaliste permanent au Soleil
1989 : Reçoit l'Elmer Ferguson Memorial Award du Temple de la renommée du hockey
1998 : Prend sa retraite du Soleil après presque 40 ans de loyaux services
2002 : Décède à 71 ans des suites d'un long cancer