Dans L'emmerdeur, Marcel Leboeuf incarne avec Normand D'Amour un duo comique popularisé à l'écran par Jacques Brel et Lino Ventura.

Cinq questions à...  Marcel Leboeuf

Après s'être glissé dans la peau de l'inénarrable François Pignon dans la pièce Le dîner de cons de Francis Veber - et avoir du coup scandé des dizaines de fois la classique réplique : «Ça y est, on a les droits!» -, Marcel Leboeuf a retrouvé un François Pignon qui n'est pas tout à fait le même, mais pas non plus totalement différent dans L'emmerdeur, attendu cette semaine à la salle Albert-Rousseau. Dans ce spectacle mis en scène par Normand Chouinard et joué l'été dernier à Drummondville, Leboeuf incarne avec Normand D'Amour un duo comique popularisé à l'écran par Jacques Brel et Lino Ventura. Discussion autour de Pignon, de l'attrait de Francis Veber et de la «drogue» que représentent les rires au théâtre
François Pignon, vous commencez à bien le connaître, n'est-ce pas?
C'est un personnage que j'adore. Et visiblement, Francis Veber s'est attaché à lui aussi parce qu'il a écrit plusieurs pièces avec François Pignon. La meilleure demeure Le dîner de cons, on se comprend. Mais ce qui est le fun avec L'emmerdeur, c'est que c'est le départ de François Pignon. C'est la première fois que Pignon a été écrit. On voit que ce n'est pas tout à fait le même personnage que dans Le dîner de cons. Mais ça touche aux mêmes problématiques qui intéressent Veber. C'est un gars qui est abandonné par sa femme et qui se sert des autres pour attirer l'attention. Il est très manipulateur, comme le François Pignon du Dîner de cons, d'ailleurs. C'est tellement le fun à jouer!
Quel est le défi de reprendre sur scène un personnage que le public a connu et aimé à l'écran?
C'est dur dans la mesure où les gens se créent des attentes. Je dirais que c'était plus compliqué avec Le dîner de cons parce que les gens l'ont beaucoup vu et continuent de le voir. Ce que Normand Chouinard nous disait et qu'il continue de nous dire, c'est de jouer la situation et d'être vrai. Le reste va venir. Le monde ne pourra pas faire autrement que d'embarquer. 
Des pièces comme Le dîner de cons ou L'emmerdeur sont bâties sur des duos d'acteurs. Comment se passe votre expérience avec Normand D'Amour?
Normand et moi, premièrement, on s'aime beaucoup. La dernière fois qu'on avait joué ensemble, c'était en 1986. On ne peut pas dire qu'on a abusé ben, ben! Chaque fois qu'on se voyait, on se disait que ça serait le fun de rejouer en semble. La vie a fait que ça s'est réalisé. Ce qui est intéressant avec cette pièce, c'est qu'au début, c'est moi le comique et lui le straight man. Et à un moment donné, ça bascule. C'est tellement le fun à jouer! Dans le film, on le voyait moins parce que Lino Ventura jouait un style, qu'il a fait toute sa vie et qu'il faisait très bien par ailleurs. Mais avec un acteur du talent de Normand, c'est possible que le personnage devienne comique. 
Selon vous, qu'est-ce qui fait que l'univers de Francis Veber plaît tant au public québécois?
Quand un personnage qui n'est pas un winner en fait voir de toutes les couleurs à un autre qui se pense très bon, je pense que les Québécois aiment bien ça. On aime quand quelqu'un qui se pense au-dessus de tout se fait démolir un peu et qu'il tombe de son piédestal. 
On ne se lasse pas de jouer et rejouer le même personnage?
Non. Faire rire le monde, c'est comme une drogue. Je le vis dans Ladies Night. C'est la pièce dans laquelle j'ai joué où le public rit le plus. J'ai joué dans Broue et je vous garantis que ça rit plus que dans Broue. [...] C'est un show qui est en dehors de la carte de ce qui se fait au théâtre. Tout ce qu'il ne faut pas faire au théâtre, on le fait. On a des fous rires, on sort du texte... C'est une grosse thérapie. On est délinquants et il faut le prendre comme ça.
Vous voulez y aller?
Quoi: L'emmerdeur
Quand: 26 et 27 janvier à 20h 
: salle Albert-Rousseau
Billets: 58 $
Quand : 8 avril à 20h
Où : Cégep de Lévis-Lauzon
Billets : 53 $
Info : 418 838-6000
Quoi: Ladies Night
Quand: les 29 et 30 mai à 20h
: Théâtre Capitole
Billets: entre 53 $ et 66 $
Info: www.lecapitole.com
Nouvelle cuvée des Zurbains
Arianne Boudreault
Tradition théâtrale qui se poursuit depuis près de 20 ans, Les Zurbains s'installent une nouvelle fois aux Gros Becs cette semaine. Véritable tribune pour les jeunes plumes québécoises, l'aventure est d'abord un vaste projet d'écriture proposant aux adolescents de créer un conte urbain. Quatre d'entre eux sont choisis pour être portés sur scène par des comédiens professionnels aux côtés d'un texte d'un auteur accompli. Pour cette 19e cuvée, les contes d'Arianne Boudreault, de Mohamed Chrouh, d'Anastasia Comendant et de David Kalichman côtoieront celui du pro Robin Aubert. 
Au théâtre jeunesse Les Gros Becs du 25 au 27 janvier
Attentat poétique au Périscope
D'abord présenté à Montréal, puis repris il y a deux ans au Carrefour international de théâtre, l'Attentat des soeurs Gabrielle et Véronique Côté retentira de nouveau à Québec dès mardi. Décrit comme un «cabaret poétique», le spectacle met en scène la parole d'une trentaine de poètes québécois contemporains (Marjolaine Beauchamp, Maxime Catellier, Evelyne de la Chenelière, Jean-Paul Daoust, Natasha Kanapé Fontaine, Geneviève Desrosiers et Catherine Dorion, pour n'en nommer que quelques-uns). Production du Théâtre [mo] et du Théâtre du Fol Espoir, cette rencontre poétique s'installe à Québec pour deux semaines avant de faire escale au Théâtre du Bic (25 janvier), puis de renouer avec le Quat'sous (du 27 février au 4 mars).
Au Périscope du 24 janvier au 4 février
Ma première fois poursuit sa route
Après un premier passage à Québec il y a deux ans, le spectacle Ma première fois poursuit sa route aux quatre coins du Québec et renouera sous peu avec la salle Albert-Rousseau. Pour la création de cette pièce, l'Américain Ken Davenport a recueilli via un site Web quelque 40 000 témoignages de monsieur et madame Tout-le-Monde, qui ont souhaité partager le récit de leurs premiers ébats sexuels. Jasmin Roy signe la mise en scène de l'adaptation québécoise, que portent maintenant Mathieu Cyr, Marie-Lyne Joncas, Martin Vachon et Roxane Bourdages.
À la salle Albert-Rousseau le 5 février et le 20 avril