Cinq cloneurs de carte de débit accusés

Cinq fraudeurs originaires de Bulgarie ont été accusés jeudi au palais de justice de Québec d'avoir orchestré un vaste système de clonage de cartes de débit dans les guichets automatiques et causé des pertes de plus d'un million de dollars.
Le réseau avait mis au point un système qui lui a permis d'écumer les banques de la province durant trois ans sans se faire prendre.
L'un des membres du groupe commençait par insérer une carte factice dans la bouche du guichet automatique afin d'y installer une «barrette». Ce dispositif enregistre les informations inscrites sur les bandes magnétiques des cartes de débit.
Une caméra, grosse comme une pièce d'un dollar, était aussi installée au-dessus du guichet pour capter le NIP lorsque le client le composait.
Le fraudeur laissait le dispositif durant quelques heures et repartait ensuite avec son matériel.
Les informations extraites servaient à fabriquer de nouvelles cartes. «Ils envoyaient les cartes ou les données et c'était utilisé partout dans le monde, surtout où il n'y a pas encore la carte à puce», explique la procureure de la Couronne, Me Nathalie Chouinard.
À travers la province
Les premiers clonages ont eu lieu à Québec, mais, rapidement, le dossier a été transféré à la Sûreté du Québec, puisque 193 guichets partout en province ont été visités par les fraudeurs. Ils auraient causé des pertes de plus d'un million de dollars aux institutions financières.
Les membres du réseau, des résidents des Laurentides pour la plupart, ont été coincés après des mois d'enquête grâce, notamment, aux images des caméras de surveillance des banques.
Vassilina Dimitrova, la conjointe de la tête dirigeante Martin-Antonov Kouzov, a choisi de plaider coupable dès sa comparution. La femme a pu reprendre sa liberté en attendant sa sentence.
Deux autres accusés, Valentin Borisov et Iren-Vasilev Atanasov, ont aussi été libérés après avoir déposé 10 000 $.
Martin-Antonov Kouzov et Borislav Petrov ont reporté leur enquête sous cautionnement à mercredi.
Les membres du réseau ont été accusés de fraude, trafic de données, possession d'instrument et possession de données.
Complices en Bulgarie
Trois autres complices, Konstantin Sirakov, Stefan Stefanov et Vencislav Gigov, seraient retournés en Bulgarie avant la frappe policière de la semaine dernière.