Le fils de Saul

Cinéma européen: la crème de la crème

On se répète, mais l'hiver est vraiment la saison de prédilection pour le cinéphile. Pas seulement parce qu'il fait bon se blottir dans le fauteuil moelleux d'un cinéma. Aussi parce qu'on a souvent droit à la crème de la crème du septième art européen. À preuve : mes trois meilleurs films à Cannes, le représentant de la France aux Oscars et ma découverte du Festival de Toronto prennent tous l'affiche. Et bien d'autres...
Le fils de Saul
László Nemes a fait une entrée fracassante à Cannes avec ce premier long métrage dont la superbe réalisation, très maîtrisée et énergique, m'a laissé pantois. Le réalisateur hongrois aurait pu repartir avec la Palme d'or, il a obtenu le Grand Prix. Très mérité : sans mièvrerie et sans héroïsme de pacotille, son film illustre la quête désespérée d'un homme enfermé dans un camp de concentration qui veut offrir une sépulture décente à son fils. Audacieux et puissant, le meilleur film que j'ai vu en 2015. De loin. Sortie le 15 janvier 
<p><em>Mustang</em></p>
Mustang
La France a pris tout le monde par surprise en choisissant le premier long métrage de Deniz Gamze Ergüven comme candidat aux Oscars, plutôt que Dheepan. Bien sûr, Mustang a commencé sa carrière à Cannes, à la Quinzaine des réalisateurs et a obtenu des critiques dithyrambiques depuis. La réalisatrice met en scène cinq jeunes soeurs turques défendant avec fougue leur joie de vivre et leur liberté contre l'emprise d'un patriarcat étouffant. Et la France semble avoir eu la main heureuse : Mustang est en nomination aux Golden Globes et est sur la courte liste des Oscars pour le meilleur film en langue étrangère... À voir.  Sortie le 29 janvier
<p><em>Dheepan</em></p>
Dheepan
Jacques Audiard a pleinement mérité sa Palme d'or avec ce long métrage à petit budget et sans vedette qui braque sa caméra sur un trio de réfugiés qui fuient la guerre civile au Sri Lanka pour refaire leur vie en France. Un film sociopolitique courageux qui place l'humain au centre de sa réflexion sur l'immigration et le multiculturalisme. À vrai dire, une oeuvre intelligente et sensible comme on n'en voit pas assez au cinéma.  Sortie le 12 février 
<p><em>Eye in the Sky</em></p>
Eye in the Sky
Ce n'est pas le talent limité du réalisateur Gavin Hood (X-Men les origines : Wolverine) qui m'a poussé à aller voir le film à Toronto. Ni même la présence de la formidable Helen Mirren (quoique...). Mais le sujet : un drone peut-il servir à éliminer des terroristes tout en sachant qu'il y a aura des victimes innocentes? Avec une mise en scène terriblement efficace et un sens du suspense percutant, Hood illustre les divers points de vue et dilemmes moraux qui sont en jeu dans la guerre au terrorisme. Très réussi.  Sortie le 11 mars
The Lobster
Yorgos Lanthimos a présenté le film le plus surréaliste de la compétition à Cannes où il a remporté le Prix du jury. Le réalisateur grec a imaginé un futur proche où les célibataires sont arrêtés et détenus dans un hôtel où ils ont 45 jours pour trouver l'âme soeur. Sinon, ils sont transformés en un animal de leur choix (d'où le titre). Un univers subversif, drôle et absurde, avec une démarche très particulière qui laisse beaucoup de marge de manoeuvre aux acteurs : Colin Farrell, Rachel Weisz, John C. Reilly, Léa Seydoux... Jouissif!  Sortie le 25 mars
Aussi...
45 ans, Andrew Haigh, 22 janvier
Soleil de plomb, Dalibor Matanic, 22 janvier
Babysitting 2, Philippe Lacheau et Nicolas Benamou, 29 janvier
Fatima, Philippe Faucon, 5 février
10 secondes de liberté, Stephen Hopkins, 19 février
Ange et Gabrielle, Anne Giafferi, 19 février
Belle et Sébastien, l'aventure continue, Christian Duguay, 19 février
Avril et le monde truqué, Franck Ekinci, 19 février
The Lady in the Van, Nicholas Hytner, 19 février
Eddie the Eagle, Dexter Fletcher, 26 février
Blood Father, Jean-François Richet, février
L'hermine, Christian Vincent, 11 mars
Une histoire de fou, Robert Guédiguian, 30 mars
Collide, Eran Creevy, 1er avril
Taulardes, Audrey Estrougo, mars-avril
Les Cowboys, Thomas Bidegain, mars-avril