L'ex-préposée aux bénéficiaires au CHSLD Côté Jardins Houssna Mahamat

Chute mortelle d'une octogénaire: le CHSLD nie devoir payer 1,6 million $

Par la voie de leurs procureurs, les autorités du CHSLD Côté Jardins, de Québec, nient devoir payer la somme de 1,6 million $ aux enfants et petits-enfants de Geneviève Saillant, la patiente de 87 ans morte en juillet 2010 des suites de sa chute du haut d'une chaise adaptée à la sortie d'une baignoire.
La famille a intenté sa poursuite en août et l'affaire a aussi connu des suites, en octobre, en chambre criminelle lorsque la préposée aux bénéficiaires qui donnait le bain à l'octogénaire, Houssna Mahamat, 26 ans, a été accusée d'avoir causé la mort par négligence criminelle. Or, dans leur défense déposée au dossier, les autorités du CHSLD affirment que le bras de sécurité faisant face à la bénéficiaire avait bel et bien été installé, mais qu'il a cédé lorsque, à sa sortie de la baignoire, Mme Saillant s'est inclinée vers l'avant.
Il appert que lorsque la première préposée est arrivée sur place, la ceinture de sécurité de la chaise n'était pas en place et que le bras de la chaise était par terre. Entre-temps, Houssna Mahamat avait assis et appuyé Mme Saillant contre la baignoire.
Elle est décédée le lendemain au CHUL. Accusée au criminel, la préposée se prévaut pour le moment de son droit à garder le silence.
Par ailleurs, les autorités du CHSLD Côté Jardins soulignent qu'avant d'embaucher Houssna Mahamat, on s'était assuré qu'elle possédait son diplôme d'études professionnelles en assistance-personne, établissement de santé et l'attestation PDSB Soins à domicile. De plus, la défenderesse dit avoir obtenu des références favorables des religieuses de Jésus-Marie de Sillery, où Houssna Mahamat avait fait du remplacement.
La jeune femme était entrée en fonction en mai 2010 au CHSLD Coté Jardins, où deux jours de formation sur place lui avaient été dispensés. Quelques semaines après son arrivée, une formation de mise à jour lui a été donnée, entre autres sur le transfert des bénéficiaires avec usage de la chaise de bain. Elle a quitté son emploi le jour même de l'accident, la défenderesse ayant décidé de mettre un terme à sa période de probation à mi-parcours.
Contrairement à ce que la famille allègue, les autorités du CHSLD soutiennent dans leur défense qu'en quatre mois de séjour à leur établissement, les soins à l'octogénaire n'avaient jamais fait l'objet d'une plainte de la part de l'un ou l'autre des demandeurs qui, pourtant, la visitaient régulièrement. L'une des filles de Mme Saillant y a même travaillé durant trois ans.
État de santé altéré
Au moment du décès, l'état de santé physique et cognitif de cette dernière était sérieusement altéré à la suite d'un AVC subi en 2005, souligne la défenderesse. Un mois avant l'admission de la patiente au CHSLD, un médecin avait rédigé un rapport la déclarant inapte à prendre soin de sa personne et de ses biens de façon permanente. La défenderesse souligne par ailleurs que de tous les demandeurs, âgés de 43 à 63 ans lors du décès de l'octogénaire, seule sa fille travaillant au CHSLD a dû recourir aux services d'un professionnel.
Les interrogatoires au préalable des demandeurs auraient d'autre part démontré qu'ils constituent une famille «tissée serré» et que chacun peut compter sur le support des autres. Pour ces raisons, la défenderesse estime que la réclamation de 75 000 $ pour chacun d'eux à titre de dommages moraux ne trouve pas de justification. Quant aux dommages punitifs de 1 million $, les procureurs du CHSLD considèrent que leur réclamation est mal fondée en faits et en droit.