CHANSON-POÉSIE, À la croisée des silences de Chloé Sainte-Marie

Chloé Sainte-Marie: les mots d'abord ***1/2

Interprète douée et amoureuse de la poésie - elle l'a notamment affirmé en traduisant Miron en chanson avant les Douze hommes rapaillés -, Chloé Sainte-Marie en offre une généreuse portion avec À la croisée des silences.
À la fois recueil de poèmes et album double, ce bel objet rassemble les vers d'une trentaine d'auteurs québécois. Si les mots sont toujours au premier plan, le premier disque les met en musique de très belle manière, gracieuseté des compositions signées Yves Desrosiers et Sylvie Paquette.
La plupart des chansons se déploient de façon élégante et intimiste (outre un détour quasi forain chez Claude Gauvreau), habillées de piano, de guitare acoustique ou du violoncelle de Jorane, qui s'invite sur un titre.
Le deuxième disque laisse toute la place à la voix de Sainte-Marie, qui récite sans aucun accompagnement 34 poèmes. Dans ce dépouillement, l'expérience d'écoute peut devenir monotone et on s'ennuie vite de la musique, si habilement mise à profit dans l'autre moitié du projet.