Chinatown: pour l'amour d'un synthé

En 2009, à la sortie de leur premier album, Cité d'or, les membres de Chinatown ont été qualifiés dans nos pages de «rockeurs romantiques». Avec Comment j'ai explosé, une deuxième offrande arrivée dans les bacs mardi, les Mont-réalais jouent toujours la carte de la séduction, mais effectuent un virage: c'est maintenant à un vieux synthétiseur analogique qu'ils offrent une «déclaration d'amour».
L'affirmation a de quoi surprendre, mais l'auteur-compositeur Félix Dyotte, qui signe les chansons avec Pierre-Alain Faucon, l'assume complètement. Le quintette a eu un véritable coup de coeur pour ledit instrument, qui a orienté la création de ce second album aux contours moins lisses et aux sonorités un peu plus expérimentales.
«Dans notre cas, ça apporte quelque chose de psychédélique, un côté futuriste de l'ancien temps», convient Félix Dyotte, décrivant comment leur pop-rock rétro et un peu bonbon s'était transformée au contact des synthétiseurs. «On était rendus là, ajoute-t-il. On avait besoin de réaliser les fantasmes musicaux qui traînaient dans nos têtes. Trois ans plus tôt, notre musique de rêve ne contenait pas nécessairement des synthés. Depuis, je me suis mis à écouter beaucoup de musique à teneur électro.»
Expérimentation
Le chanteur raconte que c'est le bassiste de Chinatown, Toby Cayouette, qui a un peu par hasard guidé ses complices sur la voie de l'expérimentation sur claviers en apportant les siens au local de répétition.
«Ça s'est passé naturellement, explique-t-il. Amène n'importe quel instrument et c'est certain qu'on va l'essayer. Parfois, on ne savait pas trop quelle instrumentation donner à telle ou telle chanson. On passait d'un instrument à l'autre et chacun bricolait quelque chose jusqu'à tant qu'on aime ça. Ç'a adonné qu'un synthétiseur est devenu un instrument dans le groupe. Comme on ne voulait pas voler celui de Toby, on en a acheté un pour le groupe et, maintenant, on l'utilise tout le temps.»
Ce récit résume bien l'esprit plus collectif qui a animé la création de ce deuxième album de Chinatown, une formation qui a à sa tête un duo d'auteurs-compositeurs et de chanteurs. Félix Dyotte et Pierre-Alain Faucon ont composé les textes et les structures mélodiques, mais les autres (Julien Fargo, Toby Cayouette et Gabriel Rousseau) ont mis la main à la pâte pour donner leur forme finale aux chansons. Le batteur Gabriel Rousseau a quitté le navire - «sans gros drame», précise Félix Dyotte - après l'enregistrement de l'album. Il a depuis été remplacé par «l'ami» Maxime Hébert.
Retour dans le passé
Dyotte et Faucon travaillent ensemble depuis une quinzaine d'années. Sur Comment j'ai explosé, ils nous rappellent leur «ancien temps» avec un nouvel enregistrement plus épuré de la pièce Retour à Véga, popularisée par le groupe The Stills. «On a écrit cette chanson en 2001, relate Dyotte. Le groupe n'existait pas encore et on l'avait donnée aux Stills. On s'est dit qu'on allait revenir à cette version parce que les gens ne connaissent pas les arrangements et les interprétations de base.»
Les fans retrouveront aussi sur ce nouvel album la chanson Cassez-moi la tête, une pièce souvent interprétée en spectacle par ces musiciens qui ont su faire bon usage de leur passeport dans les dernières années. Avant même de lancer leur premier album, ils ont été invités à jouer en Asie et plus tard, c'est l'Europe qui a accueilli les chansons de Cité d'or. Un nouveau passage de l'autre côté de l'Atlantique est dans les plans pour l'automne. D'ici là, Chinatown passe au Cercle ce soir et reviendra dans la capitale pendant le Festival d'été, le 13 juillet, à la place D'Youville.
Vous voulez y aller?
Qui: Chinatown (avec Amantani)
Quand: ce soir dès 21h
: Le Cercle
Billets: 10$ en prévente, 12$ à la porte