PHOTO / EDOUARD PLANTE-FR√âCHETTELA PRESSESUJET : Photo prise lors d'une conf√©rence de presse du Parti Qu√©b√©cois concernant leur projet de charte et la place qu'il prend dans la campagne √©lectorale. Au centre, le ministre Bernard Drainville, √† sa gauche Djemila Benhabib(candidate dans Miles-√AEles) et Yasmina Choukari (candidate dans Anjour Louis-Riel) et √† sa droite, Evelyn Abitbol (candidate dans Bourassa- sauv√©) et Leila Mahiout.-30-REF # : 664860

Charte: Drainville ne mettra pas d'eau dans son vin

Bernard Drainville n'a nulle intention de mettre de l'eau dans son vin pour faire avaler à l'opposition sa loi sur la charte sur les valeurs québécoises.
Le ministre qui parraine le projet de loi à ce sujet a été limpide là-dessus, mercredi, lors d'une rencontre avec les médias, à la permanence du Parti québécois, à Montréal. «Nous sommes ouverts à améliorer la charte. Mais il n'est pas question de la vider de son contenu.»
M. Drainville a martelé que tous les Québécois qu'il croise en campagne électorale lui disent : «On va-tu l'avoir, notre charte?» «Pour ça, a enchaîné le député-ministre de Marie-Victorin, il faut un gouvernement majoritaire du Parti québécois.»
Bernard Drainville a nié tenir un point de presse parce qu'un premier sondage donne les libéraux de Philippe Couillard en avance sur la formation politique de Pauline Marois. «Notre plan de match, c'était de parler de la charte au jour no 15 de la campagne. C'est ce qu'on fait.
«J'ai fait 15 comtés en 15 jours», a-t-il poursuivi. En anglais, pince-sans-rire, M. Drainville a fait référence au «Drainville Tour on the Charter».
Le ministre des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne était accompagné de quatre candidates immigrantes, Evelyne Abitbol, de confession juive, et trois autres de foi musulmane : Djemila Benhabib, Yasmina Chouakri et Leila Mahiout. Elles ont lu une déclaration commune pour l'adoption d'une législation qui baliserait notamment les accommodements raisonnables.
Bernard Drainville a dû voler au secours de Mme Benhabib qui a parlé d'une crise dans ce dossier, sans pouvoir préciser si elle sévissait encore. «Nous visons notamment à prévenir une autre crise», comme en 2007, est intervenu M. Drainville. À l'époque, la grogne populaire envers des arrangements déraisonnables a éclaté - reléguant le PQ à sa pire défaite électorale.
Le ministre n'a toujours aucun chiffre à donner sur le nombre de travailleurs dans les institutions de l'État - des CPE aux universités, de la fonction publique aux hôpitaux et aux écoles - touchés par l'interdiction de porter des signes religieux ostentatoires.
Le jour où la charte entrera en vigueur, nous demanderons aux gens qui les portent d'y renoncer, s'est-il contenté de répondre. «Nous saurons alors qui en porte.»
Depuis le début de la semaine, les candidats péquistes, Pauline Marois en tête, refusent de commenter le fait que les employeurs du secteur privé pourront interdire à leurs travailleurs de s'afficher avec de tels signes. M. Drainville s'est tenu à mentionner que cet aspect de la législation «n'est que pour l'État». Aucune disposition n'empêche le privé de s'en inspirer.