Le Service des incendies est débarqué en début d'après-midi, mercredi, avec sa quinzaine de pompiers, ses camions, son unité des matières dangereuses et sa tente de décontamination.

Charlesbourg: après les maîtres, les chats sont évacués

L'opération paraissait disproportionnée pour évacuer une trentaine de chats d'une résidence du carré d'Oléron, à Charlesbourg, rendue insalubre par l'urine et les excréments des félins. C'était avant de sentir l'odeur pestilentielle qui émanait de l'habitation.
<p>L'équipe de Contrôle d'animaux domestiques ont amené les chats jusqu'à un refuge où leur santé sera évaluée. </p>
<p>Avant d'évacuer les chats, les pompiers ont aéré les lieux en fracassant quelques fenêtres et en installant des ventilateurs pour pousser l'air vicié. </p>
Bien des gens souriaient, mercredi, lorsque le Service des incendies est débarqué en début d'après-midi avec sa quinzaine de pompiers, ses camions, son unité des matières dangereuses et sa tente de décontamination. «Tout ça pour 30 chats», pouvait-on entendre.
Mardi soir, le couple dans la cinquantaine qui habite l'endroit avait été évacué pour une raison de santé publique à la suite d'un appel reçu au service d'urgence. Les policiers qui ont répondu à la plainte ont refusé d'entrer à l'intérieur après avoir constaté la forte odeur qui imprégnait l'air. Ils ont alors demandé les sapeurs en renfort. Constat : c'est un cas d'insalubrité.
Jusque-là, peu de gens, même pas le voisinage, avaient senti la «fragrance féline». Ce n'était qu'une question de temps. À 15h30, mercredi, les pompiers entraient véritablement en action pour permettre aux techniciens de l'entreprise Contrôle d'animaux domestiques de récupérer les minous... en toute sécurité.
Pour cela, il fallait aérer les lieux en fracassant quelques fenêtres et en installant des ventilateurs pour pousser l'air vicié. C'est exactement à cet instant que les gens sur place, même à plus de 100 pieds, se sont trouvés en détresse... olfactive. L'air qui émanait de la résidence était saturé d'une odeur d'urine et d'excréments (lire : irrespirable).
<p>À 15h30, mercredi, les pompiers entraient véritablement en action pour permettre aux techniciens de l'entreprise Contrôle d'animaux domestiques de récupérer les chats.</p>
<p>Une entreprise spécialisée a récupéré les chats mercredi.</p>
Danger mortel
«La valeur d'ammoniac permise pour un milieu résidentiel comme celui-ci est de 1,7 ppm [particule par million]. Les valeurs obtenues hier [mardi] sont montées à 240 ppm. On s'approchait du taux de danger immédiat pour la vie qui est à 300 ppm», explique le porte-parole du Service des incendies, Jean-François Daigle.
«C'est pourquoi il y a un tel déploiement, ajoute-t-il. Nous devons nous protéger en mettant des systèmes de protection physique et respiratoire pour éviter une éventuelle contamination. C'est aussi pourquoi nous avons installé une aire de décontamination pour ne pas traîner les contaminants sur nous et dans les véhicules.»
Les pompiers pliaient bagage en fin de soirée seulement. L'équipe de Contrôle d'animaux domestiques ont amené 14 chats jusqu'à un refuge où leur santé sera évaluée. D'autres devront l'être aussi aujourd'hui puisque certains se cachaient dans les murs et les débris, étant donné l'état de délabrement de la maison.Le couple propriétaire des chats a été confié aux soins de l'organisme PECH, qui s'occupe de gens avec des problèmes de santé mentale. Mercredi, il a été impossible de savoir si leur santé physique avait été affectée par le taux d'ammoniac présent dans la maison.
Pour le voisinage, l'homme et la femme au centre de cette affaire sont décrits comme des personnes discrètes. Tous sont unanimes pour comparer cette histoire à un cas de détresse humaine.