Après une intro musicale, Charles Bradley a fait une entrée digne d'une star, fringué d'un veston brillant et d'un ensemble orange qui laissait entrevoir une médaille en or sur sa poitrine. Un authentique !

Charles Bradley and his Extraordinaires: chaud, chaud, chaud!

Il faisait chaud, très chaud lundi soir à place d'Youville. Charles Bradley, Chico Trujillo et Boogat ont réussi à faire monter la température ambiante d'un cran avec leurs rythmes qui prennent aux tripes. Une soirée à taper du pied, on aime.
Il en a fallu du temps pour que Bradley sorte des clubs de Brooklyn et voit son talent être reconnu. Il a fait paraître son premier disque à 62 ans après avoir perfectionné des reprises du «Parrain de la soul», James Brown, pendant des décennies. Lundi, c'est en lui-même qu'il s'est présenté devant nous.
Après une intro musicale, Bradley a fait une entrée digne d'une star, fringué d'un veston brillant et d'un ensemble orange qui laissait entrevoir une médaille en or sur sa poitrine. Un authentique! «On veut apporter l'amour partout sur la planète», a-t-il dit d'entrée de jeu. Bradley a eu beaucoup d'affection à donner tout au long du spectacle distribuant généreusement les «I love you» au public qui lui relançait les fleurs.
Flanqué de ses Extraordinaires, six excellents musiciens, il nous a fait faire un voyage flamboyant dans les années 60-70 avec sa musique soul et R'n'B. À 66 ans, on peut dire que Bradley a un déhanchement tout en souplesse et en sensualité. Et une voix solide, encore capable de pousser des cris vibrants. Ce n'est pas un hasard si on le surnomme le «Screaming Eagle of Soul».
Pendant plus d'une heure, il a chanté des pièces de ses deux albums No time for dreaming paru en 2011 et Victim of love (2013), dont sa préférée, All I'm asking, dans laquelle il a osé quelques mouvements de bassin... disons pleins d'amour! Tout un personnage ce Charles Bradley!
Chico Trujillo
Juste avant, la bande chilienne de Chico Trujillo nous avait conviés à une fiesta et elle a bien eu lieu. Les huit musiciens avaient revêtu leurs chemises les plus colorées, question de bien installer l'ambiance. Dès les premières secondes, ils ont littéralement pris possession de la scène, entourant le leader Aldo Asenjo. Impressionnant de voir autant de musiciens et d'instruments à la fois. Trompette, saxophone, trombone, percussions, batterie, guitare et j'en passe. La section de cuivres donnait assurément du coffre aux pièces.
Une combinaison de cumbia, ska, boléro, reggae et punk (tout un cocktail!), la musique de Chico Trujillo est faite pour danser, ce que la foule s'est empressée de faire. Asenjo sait comment faire embarquer les spectateurs - allant à leur rencontre- même s'il ne parle pas leur langue. Difficile de résister à l'énergie contagieuse du groupe, qui s'est donné à fond du début à la fin.
Boogat
Daniel Russo Garrido a su attirer le public à place d'Youville en début de soirée grâce à ses rythmes latins contagieux. Celui qu'on appelle Boogat a puisé dans les racines paraguayennes de son père et mexicaines de sa mère pour composer de la musique semblant tout droit sortie du Sud. Mais le petit gars de Beauport n'est jamais bien loin... On l'a constaté lorsqu'il a fait un hommage à la moustache de Fardoche dans Passe-Partout. Sous des sonorités joyeuses, Boogat ne se gêne pourtant pas pour dénoncer l'embourgeoisement de Saint-Roch ou parler des réfugiés.