Chantal Daigle veut la paix!

Même 20 ans après avoir remporté sa cause en Cour suprême, Chantal Daigle, qui est retournée vivre près des siens à Chibougamau, refuse d'accorder des entrevues.
Joint par le Soleil, son frère Mario a laissé ce message après s'être enquéri auprès de sa soeur de son désir de répondre aux questions du journaliste : «Chantal Daigle veut avoir la paix.»
Il faut dire qu'après avoir vendu pour 8 000 $ les droits exclusifs de son histoire à un journal britannique et accordé une entrevue à son ami Louis Lemieux, journaliste à Radio-Canada, en 1989, la femme maintenant âgée de 40 ans avait gardé un profil très bas.
Dans son entrevue à Radio-Canada, elle avait d'ailleurs déclaré à l'époque s'être sentie «violée en un certain sens» par la couverture médiatique dont elle avait fait l'objet.
Si Chantal Daigle n'a pas été très présente dans les médias depuis 20 ans, on ne peut en dire autant de son ex-concubin Jean-Guy Tremblay, 45 ans, qui a été condamné à au moins 15 reprises pour violence conjugale.
En 2006, il avait écopé de 15 mois de prison pour avoir omis d'informer son agent de probation de toute nouvelle relation avec une femme comme le stipulaient ses conditions de libération conditionnelle.
L'année suivante, alors qu'il résidait en maison de transition, il était reconnu coupable de harcèlement criminel envers la gérante d'un concessionnaire automobile de Toronto.
«Au début, Jean-Guy Tremblay n'avait aucun antécédent de violence. Ce n'était qu'un employé de garage mais tout ça lui est monté à la tête et il est devenu un homme violent et a battu plusieurs femmes», analyse son ancien avocat, Me Henri Kelada, qui ne l'a pas revu depuis la fin des années 80.
Tremblay, qui a aussi travaillé comme mannequin, est également devenu durant un certain temps une cible privilégiée des humoristes. Qui ne se souvient pas de son fameux «Ça sert à rien d'y dire rien!», lancé d'un air niais à l'humoriste Pierre Brassard qui lui demandait ce qu'il aimerait dire à son ex-conjointe? 
Des groupes de femmes soulignent l'anniversaire
Après avoir souligné l'an dernier le vingtième anniversaire de la décriminalisation de l'avortement au Canada, plusieurs groupes de femmes feront de même cette année à l'occasion des 20 ans de la décision de la Cour suprême dans la cause Tremblay contre Daigle.
Sur son site Web, la Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) rappelle le courage de Chantal Daigle, qui était passible d'une peine d'un an de prison et d'une amende de 50 000 $ si elle se faisait avorter, et qui avait défié le système judiciaire canadien avec l'aide du Centre de santé des femmes de Montréal pour subir une interruption de grossesse aux États-Unis.
Le FQPN indique aussi qu'un comité de groupes de femmes organise une soirée en octobre afin de souligner les 20 ans de cette réaffirmation du droit des femmes de maîtriser leur corps et leur vie.
Un magazine sera également produit de façon indépendante sur la question de l'avortement et l'histoire de Chantal Daigle. «Nous aimerions recevoir des contributions, anonymes ou non, de jeunes femmes de l'époque et de jeunes femmes d'aujourd'hui sur ce que cette histoire signifie pour elles», indique Mme Nathalie Turcotte, agente d'information et de mobilisation, sur le site Web de la FQPN.
L'organisme invite les participantes à présenter un dessin, rédiger un poème ou écrire un texte de 300 à 500 mots traitant de ce que le droit à l'avortement représente pour elles, que ce soit à titre personnel ou plus globalement pour une société. Les personnes intéressées peuvent contacter Mme Turcotte jusqu'au 31 juillet au nturcotte@fqpn.qc.ca