«C'est fini, le viol de la Côte-Nord»

«On lâchera pas, le message a été clair: on va protéger nos arrières, c'est fini, le viol de la Côte-Nord», a lancé avec l'aplomb qu'on lui connaît désormais, l'agent d'affaires de la FTQ-Construction, Bernard «Rambo» Gauthier, tout juste débarqué de l'avion qui l'a ramené au bercail vendredi, où une bonne soixantaine de travailleurs l'attendaient avec impatience.
Sous un tonnerre d'applaudissements, le leader syndical est rentré à Sept-Îles, fatigué, mais avec le sentiment du devoir accompli, après avoir témoigné pendant un peu plus de deux jours devant la commission Charbonneau. «C'était pas des menteries, c'était du sérieux, et j'espère qu'ils [les commissaires] vont nous prendre au sérieux, c'est la vie de nos familles», a-t-il affirmé.  
«L'argent roule, ça fait quatre ans et demi avec La Romaine et le Plan Nord et ça passe au-dessus de nos têtes. C'est assez, on demande simplement un respect au niveau de l'embauche.» Et son «message», le représentant syndical espère que les commissaires, mais aussi le gouvernement, l'aura entendu pour que «ça change». Bernard Gauthier martèle que le noeud du problème se trouve sous la question de la mobilité provinciale.
Heureux de retrouver sa région
«Arrangez-vous donc qu'elle [la clause de la mobilité provinciale] nous donne un coup de main, pis y'en aura pas d'intimidation ou des déplacements de masse, si on est protégés et si c'est garanti qu'on va travailler chez nous», a-t-il exprimé une fois de plus. Par ailleurs, il soulève que la commission et les élus politiques ont désormais «tous les outils en main» pour éviter d'autres gestes musclés et favoriser l'embauche locale.
Après une «dure semaine», Bernard Gauthier s'est dit heureux de retrouver sa région, appuyé par ses travailleurs. «Je me sens bien, je ne m'attendais pas à cet accueil», a confié celui qui a été au coeur de toutes les tribunes depuis les derniers jours. «La Côte-Nord, c'est une belle région, solidaire comme vous avez pu voir, et c'est une région qui ne se laissera jamais passer sur le corps, au grand jamais.»
Pour la suite, le représentant syndical s'accorde une semaine de relâche au chalet en compagnie de ses proches et son fils pour «décanter tout ça, reprendre des forces et revenir encore plus fort».