Ces gars-là, c'est d'abord une série sur l'amitié entre deux gars (Sugar Sammy et Simon-Olivier Fecteau), le temps d'un été.  Ni l'un ni l'autre n'a le profil de loser, contrairement à de nombreux rôles de gars.

Ces drôles de gars-là

Un crosseur, un naïf. Un arrogant, un sympathique. Sugar Sammy et Simon-Olivier Fecteau se transposent à l'écran dans Ces gars-là, la nouvelle comédie de V, diffusée dès lundi à 20h. Une série faite sur mesure pour le public de V, qui n'avait pas touché à la fiction depuis Prozac en 2010.
Bien sûr, on amplifie la réalité; Sugar Sammy n'est pas aussi baveux, et Simon-Olivier, moins bonasse. Autant pouvait-il être salaud et arrogant dans En audition avec Simon, autant il devient un exemple de générosité dans Ces gars-là. «Le vrai Simon doit être quelque part entre les deux», affirme Fecteau, qui réalise les 10 épisodes.
Comme dans Les beaux malaises et Tout sur moi, plusieurs intrigues partent de faits réels, mais Simon et Sam - c'est comme ça qu'on les appelle - ne parlent jamais de leur travail; pas question de décrire le milieu artistique comme d'autres l'ont fait. Le malaise est à la mode en comédie, et le nouveau duo de V exploite le filon avec efficacité.
Ces gars-là, c'est d'abord une série sur l'amitié entre deux gars, le temps d'un été. Simon vient de se faire larguer par sa blonde des sept dernières années, Amélie, jouée par Mélissa Désormeaux-Poulin, dont il a du mal à se détacher. Une intrigue inspirée de sa véritable relation avec son ex, l'auteure India Desjardins, qui collabore d'ailleurs au scénario.
Pire que Ron dans La petite vie, Sammy habite toujours chez ses parents à 32 ans, dans un bungalow de banlieue, gâté pourri. Le nombre de comédiens indiens étant limité au Québec, la production a dû chercher les parents de Sam ailleurs, à Vancouver, à New York, mais c'est à Toronto qu'on les a trouvés. Et ils sont très bons, calqués sur les vrais parents de Sugar Sammy, notamment le père, qui n'a aucun filtre.
Sam est un être superficiel, égoïste, mais un ami fiable et fidèle. Lorsqu'il drague, il se montre odieux la plupart du temps, traitant les femmes comme des objets. «C'est pas pour un viol!» crie-t-il de sa voiture sport à une fille récalcitrante qu'il souhaite offrir à son ami en peine d'amour. Tout le contraire, Simon a peur de faire du mal et se sent incapable d'avouer à une conquête qu'elle a très mauvaise haleine. Ni l'un ni l'autre n'a le profil de loser, contrairement à de nombreux rôles de gars.
La série ne porte pas continuellement sur l'antagonisme anglo-franco, bien qu'il en soit question. Particulièrement dans un épisode où Sam tombe sous le charme d'une femme vraiment de son goût, jouée par Magalie Lépine-Blondeau, avant de découvrir qu'elle est indépendantiste, au point d'avoir un poster de Jacques Parizeau au-dessus de sa toilette. Sam peut marcher sur ses convictions, mais jusqu'à quel point?
Mon épisode préféré est le quatrième, sur l'intimidation dans Internet. Quand Simon décide d'en découdre avec un internaute enragé sur Facebook, ça tourne à l'obsession. Sam et lui vont virer la ville à l'envers pour trouver le fameux Martin Côté, une lutte sans trêve.
On n'abuse pas des dialogues en anglais sous-titrés, qu'on utilise surtout quand Sam converse avec ses parents à la maison. Mais c'est avec une chanson en anglais, Play That Funky Music de Wild Cherry, que démarre chaque épisode.
Le duo est de passage ce soir au cinéma IMAX des Galeries de la Capitale, où seront projetés trois épisodes de la série, avant de faire la tournée de la province. Ces gars-là s'installe dans la case qu'occupait avec succès Allume-moi à l'automne, le lundi à 20h, suivie à 20h30 de Brassard en direct d'aujourd'hui, maintenant en format hebdomadaire. Le duo est prêt pour une deuxième saison, mais V attend la réaction du public avant de lui donner le feu vert.