En 2014, environ un Canadien sur deux détient un compte CELI, selon Carl Yergeau, analyste en planification financière avancée chez Industrielle Alliance.

CELI: une popularité grandissante

Depuis sa création en 2009, le compte d'épargne libre d'impôt (CELI) ne cesse de croître en popularité et est aujourd'hui un véhicule utilisé par des millions de Canadiens.
«C'est un outil de plus en plus populaire auprès de tous», a indiqué Carl Yergeau, analyste en planification financière avancée chez Industrielle Alliance. «Et, il n'a même pas encore atteint son plein potentiel. Grosso modo, il y a seulement un Canadien sur deux qui détient un compte CELI, donc il y a encore place à amélioration compte tenu de sa grande flexibilité.»
Selon une étude effectuée en 2012 par le ministre des Finances du Canada, l'engouement pour le CELI et le REER, si la tendance se maintient, va être un jour aussi fort pour l'un que pour l'autre. En 2011, 30 milliards $ ont été versés dans les CELI et 34 milliards $ dans les REER.
Le CELI pourrait-il devenir plus populaire que le REER? «Il est déjà très près. Je pense qu'en ce moment, le CELI et le REER sont presque nez à nez. Normalement, le CELI devrait dépasser le REER un jour», estime l'expert de la finance.
Contre-productif
Le CELI a été créé parce que plusieurs organismes à l'époque qui s'intéressaient à la fiscalité ont remarqué que le REER était inefficace pour les gens à faible revenu, voire presque contre-productif, souligne Daniel Laverdière, directeur principal, planification financière et service-conseil pour Banque Nationale Gestion Privée 1859.
Lors d'une contribution à un REER, il y a bien sûr un remboursement d'impôt. Pour «les gens à faible revenu, lorsqu'ils cotisent à leur REER, ils ont un très faible remboursement d'impôt. Arrivés à la retraite, les gens à faible revenu ont droit à une prestation qui s'appelle le supplément de revenu garanti. Le problème était que chaque retrait de REER venait réduire le supplément de 50 cents par dollar», ajoute M. Laverdière.
Par exemple, une personne à faible revenu qui retirait à la retraite 100 $ de son REER perdait 50 $ de son supplément en plus de payer jusqu'à 30 % d'impôt sur son retrait. Bref, «ça lui coûtait presque 80 % d'impôt», indique le directeur.
La paternité de cet abri fiscal revient au ministre conservateur Jim Flaherty qui en a fait l'annonce dans le budget du 26 février 2008. Le CELI fait partie d'une série de mesures gouvernementales visant à relancer le taux d'épargne des Canadiens et à contrer les effets de la crise économique. Avant de porter le nom de CELI, le régime se nommait régime d'épargne à impôts prépayés (REIP).