Bernard Monna entouré de ses filles, Anne et Catherine.

Cassis Monna et Filles: les filles suivent les traces du père

Bernard Monna voulait céder son entreprise à la famille avant d'envisager de céder à un pur étranger. Cela fait non seulement partie des valeurs de l'homme d'origine française, mais des traditions familiales. Il en est ainsi dans la transmission du savoir-faire et l'esprit entrepreneurial depuis son arrière-grand-père Louis Monna qui a fondé son entreprise en 1872.
Bernard fonde sa propre entreprise dans le cassis à l'Île d'Orléans en 1992. Depuis 2015, Catherine et sa soeur Anne sont les deux actionnaires majoritaires, alors qu'il possède 6 % de l'actionnariat. Toutefois, il faudra 11 ans, de 2004 à 2015, avant que le transfert soit accompli. 11 années de démarches pendant lesquelles les trois partenaires avaient l'impression de tourner en rond. 
La première étape du transfert de l'entreprise avait commencé en 1999. Bernard Monna offre à son fils Guilhem de prendre les rênes de la compagnie en commençant à s'intéresser aux opérations de la culture du cassis et de la fabrication des alcools. Mais la recette envisagée par le paternel ne lève pas. D'une part, le fils semble manquer d'intérêt pour les affaires et d'autre part Bernard Monna n'est pas convaincu que Guilhem est prêt à voler de ses propres ailes. Le fils quitte l'entreprise en 2004.
Entretemps, Catherine revient dans la région en 2002 et commence à travailler dans l'entreprise. Elle revient dans le giron familial pour fonder l'espace dégustation La Monnaguette. Sa soeur Anne fait de même en 2003 et ensemble elles développent des produits dérivés du cassis sans alcool, des confitures et des condiments dans un premier espace de restauration.
Elles sont au début de la vingtaine et organiseront le coin des filles. Leur engagement est saisonnier et chacune occupe un autre emploi. C'est justement à cause du travail saisonnier que Catherine et Anne ont été convaincues par leur père de prendre une plus grande place dans le développement de l'entreprise.
Constatant son manque d'intérêt entrepreneurial, le frère annonce son intention de passer à autre chose et de quitter le monde des affaires. C'était juste avant la récolte de l'été 2004. Bernard se tourne alors vers ses filles pour jauger leur intérêt puisqu'elles ont déjà un pied dans l'aventure familiale du cassis.
Si le transfert de l'entreprise d'une génération à l'autre s'est effectué dans un bon climat, ce sont les délais qui semblent avoir miné la patience du trio. Notaire, banquier, fiscaliste revenaient sur les détails année après année. Déjà, le parcours était parsemé de moments très émotifs, le côté légal ajoutait des embuches et des retards.
«Les choses ont débloqué lorsque nous avons eu l'aide de l'Union des producteurs agricoles», affirme Anne Monna. «Notre conseillère notait toutes les ententes, tous les accords, ce qui nous permettait d'avancer rapidement avec les autres professionnels.»
«Au lieu de suivre des formations et participer à des rencontres de sensibilisation sur le transfert, nous aurions dû faire affaire avec un expert des le départ», poursuite Catherine Monna.
Le père, Bernard, ne reviendrait pas en arrière pour rien au monde. Il est bien heureux que ses filles aient repris le flambeau en suivant le chemin défriché en poussant l'entreprise à un autre niveau, tout ajoutant leurs propres couleurs aux mélanges du cassis.
Fiche
Nom officiel de l'entreprise :
Cassis de l'Isle ensorceleuse Monna et fils
Nom commercial :
Cassis Monna et Filles
Naissance de l'entreprise : 1992
secteur d'activité : agricole
Nombre d'employés : 10 permanents  et 20 saisonniers
Propriétaire cédant :
Bernard Monna
Repreneurs :
Anne et Catherine Monna