La CAQ de François Legault veut dégager des revenus supplémentaires à travers la récupération de 300 millions $ des firmes de la construction qui ont fraudé le gouvernement, et entend récupérer 450 millions $ en revoyant les crédits d'impôt octroyés aux entreprises.

CAQ: un gel d'embauche pour éliminer les taxes santé et scolaires

François Legault veut geler l'embauche dans la fonction publique afin d'économiser assez d'argent pour abolir la taxe santé et les taxes scolaires imposées aux citoyens.
Jeudi, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) a présenté le cadre financier qu'il souhaite mettre en place pour atteindre l'équilibre budgétaire dès l'an prochain. M. Legault a voulu expliquer comment il financerait sa promesse d'alléger de 1000 $ par année le fardeau fiscal des familles.
Au coeur de son plan, un gel des embauches dans l'ensemble de la fonction publique. Sur la base des dernières années, la CAQ évalue que l'État devrait engager 35 000 personnes de plus d'ici quatre ans que les 570 000 fonctionnaires actuels.
«On veut geler le nombre des employés de l'État», a déclaré M. Legault. Une pratique qui permettrait d'économiser 5,5 milliards $ en quatre ans, selon les calculs caquistes.
«Au total, on va avoir le même nombre d'employés», a expliqué le chef caquiste. «Mais la répartition sera très différente. Il y aura beaucoup moins d'employés dans le secteur administratif, mais plus dans les services.»
Il n'y aurait aucune mise à pied, a insisté M. Legault. Les abolitions de postes dans le secteur administratif se feraient par attrition. La CAQ veut toujours éliminer les agences de santé et les commissions scolaires et faire un ménage à Hydro-Québec. 
«Il faut changer les façons de faire», a plaidé le député caquiste de Lévis, Christian Dubé. «Il n'y a rien de magique. Il faut comprendre qu'il va y avoir des sacrifices à faire au niveau des gens qui sont dans la fonction publique.» 
M. Dubé n'a pas fait grand cas des récriminations de la présidente du Syndicat de la fonction publique québécoise, Lucie Martineau, qui a demandé à la CAQ d'identifier les fonctionnaires «en trop». «La réaction des syndicats est normale, a-t-il commenté. Chaque tranche de 10 000 employés verse 7 millions $ en cotisations syndicales. Si on leur annonce 35 000 employés de moins, croyez-vous qu'ils seront heureux?»
Le cadre financier de la CAQ prévoit d'autres mesures pour dégager des sommes qui compenseraient l'annulation promise de la hausse des frais de garde et d'une partie de l'augmentation des tarifs d'Hydro-Québec.  
Dès cette année, la CAQ refuserait de verser 450 millions $ en crédits d'impôt jugés trop généreux pour les entreprises. Jeudi, le député Dubé n'a pas voulu révéler la liste des crédits annulés pour «ne pas faire peur au monde». Une journée de campagne sera consacrée à expliquer les intentions caquistes dans ce domaine, a promis M. Dubé. 
Une révision des dépenses en informatique permettrait d'épargner 550 millions $ en deux ans. Il serait possible d'optimiser l'approvisionnement au gouvernement de manière à économiser 250 millions $ par année, selon le plan. Et la politique économique de 276 millions $ du gouvernement mérite d'être revue. 
«Si le ridicule tuait, la CAQ ne serait plus des nôtres», raille Marceau
La proposition de la CAQ a été tournée en bourrique par le ministre des Finances sortant, Nicolas Marceau. Elle se base selon lui sur une «croissance imaginaire» des embauches. «Si le ridicule tuait, la CAQ ne serait plus des nôtres», a raillé M. Marceau. Selon lui, il n'y a eu qu'une hausse de 1000 employés au cours des trois dernières années. «M. Legault veut supprimer des emplois qui n'existeront pas», a déclaré M. Marceau. 
Le ministre péquiste, qui s'est «beaucoup trompé» sur le déficit, est mal placé pour faire la leçon, a réagi M. Legault, en fin d'après-midi. «Probablement qu'il oublie d'inclure les employés des réseaux de la santé et l'éducation», a avancé le chef caquiste. «Notre cadre tient la route. Je suis surpris que M. Marceau ne connaisse pas ces chiffres. C'est lui notre ministre des Finances? C'est inquiétant.»