Adèle Haenel et Luc Dardenne sur le tapis rouge avant la projection de La fille inconnue à Cannes.

Cannes express

Un triplé pour les Dardenne?
Chantres d'un cinéma social, les frères Dardenne, deux fois Palme d'or pour Rosetta (1999) et L'enfant (2005), tentent un premier triplé avec La fille inconnue, l'histoire poignante d'une femme médecin aux prises avec sa culpabilité après la mort d'une jeune femme, un film tièdement accueilli sur la Croisette. Traquant la vérité de leur héroïne, les cinéastes belges poursuivent dans leur veine naturaliste pour poser la question de la responsabilité individuelle. Applaudi, mais également hué à la projection de presse, ce film au rythme lent a suscité nettement moins d'enthousiasme à Cannes que Deux jours, une nuit présenté en 2014 au Festival.  
Au palmoscope
<p><em>Toni Erdmann</em></p>
Toni Erdmann, comédie allemande inattendue et drôle de Maren Ade, demeure sur la première marche du palmoscope cannois, selon le magazine professionnel Screen, devant Paterson de l'Américain Jim Jarmusch. Aquarius du Brésilien Kleber Mendonça Filho, sur les excès du capitalisme à travers le portrait d'une femme libre, bouleverse le jeu en prenant la troisième place, devant Sieranevada, drame familial du Roumain Cristi Puiu. Julieta de Pedro Amlodovar ne semble pas avoir convaincu les critiques, encore moins Personal Shopper du Français Olivier Assayas, à la fin du classement.
Les droits de «Merci patron!» vendus au Canada
Les droits du documentaire satirique Merci Patron! ont été vendus dans plusieurs pays dont le Canada, a indiqué la société en charge des ventes du film de François Ruffin au Festival de Cannes. Le film, qui a dépassé les 430 000 entrées en France de puis sa sortie fin février en France, raconte le combat d'un couple d'anciens ouvriers du groupe LVMH dans le nord de la France qui parvient, avec l'aide du réalisateur, à soutirer de l'argent à Bernard Arnault, patron de LVMH, l'une des plus grosses fortunes de France. Avec un humour railleur et un incroyable stratagème, l'auteur dénonce l'hypocrisie de certains grands patrons et les désastres des délocalisations. Le bouche-à-oreille a assuré le succès de ce film à petit budget, devenu un phénomène au fur et à mesure que le mouvement de protestation citoyenne Nuit Debout prenait corps dans de nombreuses villes françaises.