Patrice Bergeron (37) considère que le tournoi olympique de Sotchi est aussi excitant que celui de Vancouver. «Il s'agit d'un niveau d'intensité et de cohésion supérieur à la LNH, c'est l'élite et il n'y aura pas de match de 5-0.»

Canada c. États-Unis: une demi-finale olympique pas comme les autres

Il ne s'agissait pas d'un match comme les autres. Deux heures avant la mise au jeu, la salle de presse était déjà pleine et ne rentrait pas qui voulait au Palais de glace Bolshoï. Même pour les journalistes, ça prenait un billet et il était hors de question de le refiler à un collègue.
Et ce n'était pas encore la finale! Mais jusqu'à ce jour, cette rencontre s'avérait être la plus importante du tournoi olympique, autant pour le Canada que pour les États-Unis. Au-delà de la suprématie du hockey nord-américain, c'est l'invitation au match de la médaille d'or qui était à l'enjeu.
Grâce à sa victoire de 1-0, l'équipe canadienne y défendra son titre olympique face à la Suède. Ce n'est pas la finale à laquelle les amateurs rêvaient, mais la simple assurance qu'ils seraient de la partie ultime réjouissait Patrice Bergeron et Marc-Édouard Vlasic.
«On s'attendait à n'importe quoi, on voulait juste être là. Le but qu'on s'était fixé, c'était d'avoir une chance de jouer pour l'or et on ne sera pas satisfaits tant qu'on ne l'aura pas», disait Bergeron, partenaire de trio de Sidney Crosby.
«Peu importe qu'on l'emporte 1-0 en demi-finale ou 2-1 en quarts, tant et aussi longtemps que tu gagnes, t'es là. Aujourd'hui, c'était le match le plus important de ma carrière, et dimanche, ça va l'être encore plus. Ça va monter d'une coche», convenait Vlasic, dont le style défensif convient parfaitement depuis le début du tournoi.
L'ambiance n'était pas aussi survoltée que dans la version féminine de ce sommet Canada/États-Unis. Comme me le faisait remarquer mon collègue Dany Poulin, du FM 93, il y a une énorme différence lorsqu'un but détermine l'issue d'une rencontre et non pas les secondes, comme ce fut le cas vendredi.
Il s'agissait du plus gros défi de l'équipe canadienne jusqu'à présent, d'autant plus que les experts voyaient les Américains comme l'équipe à battre. Mais pour l'emporter, il aurait fallu marquer, chose impossible devant un gardien en pleine possession de ses moyens. Carey Price a porté sa fiche internationale à 10-0, incluant les Jeux olympiques et le Championnat mondial junior.
«Carey, c'est l'un des meilleurs gardiens de la Ligue et il l'a montré. Il a calmé la défensive avec de gros arrêts», a noté Bergeron. «On le sent dans sa zone, il fait le travail qu'on s'attend de lui. Je l'ai affronté souvent, je suis très content de jouer pour lui», ajoutait l'attaquant de Sillery, qui s'aligne avec les Bruins de Boston.
Match rapide
Le Canada ne touche pas la cible souvent dans cette compétition, les gros canons sont silencieux. Dans cette victoire «défensive», les chances de marquer étaient parées par le cerbère adverse, Jonathan Quick, qui n'a cédé que devant Jamie Benn, en début de deuxième.
«On ne score pas beaucoup, c'est serré avec nous autres... Ça prend la contribution défensive de nos gars les plus offensifs. Et quand on joue de cette façon, on n'a même pas besoin de marquer même si on a les meilleurs scoreurs de la Ligue», disait à la blague Vlasic, ex-défenseur des Remparts et pilier arrière des Sharks de San Jose.
Dimanche, il ne faut pas prévoir un festival offensif contre la Suède. Il y aura bel et bien des feux d'artifice au Parc olympique, mais ils sont planifiés pour la cérémonie de fermeture des Jeux. N'empêche, le style est rapide, mais les buts sont rares. Il n'a fallu que deux heures et huit minutes pour disputer cette rencontre, qui avait quand même tout pour plaire.
«Il n'y a pas eu un seul match facile, c'est enlevant. C'est aussi excitant qu'à Vancouver. À chaque fois que je reviens au banc et que je regarde le jeu, je trouve ça beau à voir. Il s'agit d'un niveau d'intensité et de cohésion supérieur à la LNH, c'est l'élite et il n'y aura pas de match de 5-0», avertissait Bergeron, dont le palmarès sportif comporte notamment l'or olympique en 2010, la Coupe Stanley en 2011, le Mondial junior de 2005 et le Championnat du monde de 2004.
De quoi faire rêver n'importe quel collectionneur!