Michel Desgagné a dû composer avec les manifestations étudiantes dès sa première année à la tête de la police de Québec.

Caméras corporelles pour les policiers: le chef Desgagné poursuit la réflexion

Le chef de police de Québec, Michel Desgagné, reste ouvert à la possibilité d'équiper ses troupes de caméras corporelles pour filmer certaines interventions policières.
Le directeur commentait, jeudi, le reportage publié le matin même dans Le Soleil et dans lequel les syndicats des policiers de la Ville de Québec et de la Sûreté du Québec disaient vouloir aborder la question avec leur employeur respectif.
«Nous avons amorcé une réflexion là-dessus, confirme M. Desgagné. J'ai notre bureau de recherche et de développement qui regarde qu'est-ce que c'est au juste. On sait que ça existe. On sait aussi que ce n'est pas parfait», nuance-t-il.
Comme l'expliquait le reportage d'hier, le directeur évoque les questions juridiques et pratiques qui se pointent avant de pouvoir allumer les caméras. «Est-ce de la preuve divulgable? Il faut connaître le traitement qui sera fait de ces images et l'intégrité qu'on leur prêtera. Évidemment, il y a l'évaluation budgétaire de tout ça. C'est tout un changement de culture pour la police», lance-t-il.
Caméras accrochées à l'oreille ou celles incorporées à une veste? «Il y a plusieurs technologies. Il faut voir comment on va arrimer tout ça», précise M. Desgagné, soulignant que son service filme déjà des interventions, surtout celles entourant le contrôle de foule, comme au printemps 2012 lors des manifestations étudiantes.
M. Desgagné soulève aussi des interrogations sur l'interprétation que la population pourrait faire dans certaines situations particulières. «Par exemple, s'il y a une panne de caméra, on va reprocher au policier d'avoir provoqué cette panne.»
Préoccupé
Du même souffle, le chef confirme être préoccupé par le fait que des policiers filment avec leur propre téléphone intelligent certaines interventions auxquelles ils prennent part. «Ce n'est pas quelque chose que je conseille. J'aimerais mieux fournir des caméras dans un cadre réglementé plutôt qu'ils fassent ça.»
Évidemment, il adhère aux arguments voulant que la présence de caméras corporelles aiderait à contrer la violence et protégerait citoyens et policiers contre de possibles accusations non fondées.