Grâce à une ronde finale de 71 (+ 1) et un pointage total de - 13, Marc-Étienne Bussières, originaire de Gatineau et résident de Sherbrooke, a remporté l'Omnium du Québec Canam et un chèque de 18 000$.

Bussières dompte ses démons beaucerons

«Un de mes premiers tournois à vie était à Saint-Georges, le championnat provincial junior. J'étais très nerveux, j'avais eu de la misère à manger le matin. Après le 12e trou, ma mère m'attendait après le pont et je lui ai dit que je voulais arrêter de jouer au golf. Elle m'a répondu que quand on commence quelque chose, on le fait jusqu'au bout.»
Le petit Marc-Étienne Bussières de 15 ans avait joué 94 et 81, cette fin de semaine là. Ça fait 15 ans. Dimanche, le golfeur de 30 ans originaire de Gatineau et résident de Sherbrooke a remporté l'Omnium du Québec Canam et un chèque de 18 000 $, au même endroit. Grâce à une ronde finale de 71 (+ 1) et un pointage total de - 13.
«Ça fait du bien de chasser mes démons», a reconnu Bussières, qui est parvenu à protéger sa position de tête depuis vendredi et son avance de trois coups acquise samedi. Confronté dimanche à des verts beaucoup plus fermes que les jours précédents, le vainqueur a porté un grand coup dès le premier trou de la journée avec un aigle, soit trois sur une normale cinq de 541 verges.
«J'ai réussi un long roulé d'environ 40 pieds. J'ai dû viser 15 pieds à côté tellement la courbe était prononcée! Ça m'a donné un gros boost», a reconnu celui qui a ensuite inscrit deux oiselets et cinq bogueys à sa carte pour la pire de ses quatre rondes du tournoi. Il regrettait entre autres avoir raté cinq roulés de moins de cinq pieds.
Bussières collectionnait les deuxièmes places et se disait très heureux de mettre enfin la main sur un trophée individuel pour la première fois en 13 mois, même s'il avait aussi collecté 18 000 $ l'an dernier comme vice-champion de la Coupe Canada.
Si sa mère ne l'a pas accompagné cette fois en Beauce, son père, Marc, était son cadet depuis samedi. Un élément crucial, indique Bussières, en frais de support physique et moral.
Mais même 18 000 $ plus riche, Bussières rentre travailler lundi matin au club Longchamp. Quatre leçons à donner l'attendent de 9h à 13h, puis hop! dans la boutique du pro jusqu'à 20h30.
Si Bussières a gardé la main mise sur le sommet, les cartes se sont brassées derrière lui. Le Californien Christopher Gilman a enregistré un formidable pointage de 64 dans les conditions pour se hisser au troisième rang ex aequo et encaisser 6150 $, tandis qu'un autre Américain, Ryan McCormick, du New Jersey, s'est arrogé la deuxième position et les 10 000 $ à la clé.
«Une journée à oublier»
Seul autre Québécois dans la course après trois rondes, Pierre-Alexandre Bédard a «passé la journée dans le rough» pour rendre une carte de 73 (+ 3) et glisser au sixième rang avec un total de - 7. 
«C'est une journée à oublier, mais j'ai eu une belle semaine dans l'ensemble», a résumé le golfeur originaire de Chibougamau et installé à Cap-Rouge. 
Bédard se prépare déjà pour la prochaine épreuve du Circuit Canada Pro Tour, les 8 et 9 août, tenue justement au club de Cap-Rouge. Un premier tournoi à la maison pour lui en carrière, autant chez les amateurs que depuis son passage chez les pros l'an passé.
Ajoutons que l'Omnium de golf du Québec reviendra à Saint-Georges l'an prochain.
Philippe Gariépy a campé toute la semaine dans le stationnement du club de Saint-Georges.
Et j'ai couché dans mon char...
Dans le milieu conservateur du golf, Philippe Gariépy fait figure d'excentrique. Le bonhomme a campé toute la semaine dans le stationnement du club de Saint-Georges. Sur les verts, il se couche parfois de tout son long sur le dos pour en évaluer le relief exact. Ah oui! Il peut aussi vous raconter sa partie de mini-putt avec Carl Carmoni.
«Je suis marginal dans tout», laisse tomber le sympathique golfeur de 41 ans qui, ces deux derniers jours de l'Omnium du Québec, a arpenté les allées beauceronnes à la fois encadré de sa douce, Isabelle Duhaime, et de sa fidèle cadette depuis cinq ans, Anne-Marjolaine Hébert.
Après sa semaine de travail, Duhaime part du domicile de Saint-Bruno pour venir rejoindre le duo et encourager son Phil. Gariépy et Hébert logeaient depuis mardi tout près des plans de framboises, au fond du stationnement. Lui à l'arrière de sa vannette, elle dans la tente installée en extension du coffre du véhicule.
Une autre tente, celle de David Morland IV, ex de la PGA tanné des hôtels, ainsi que le campeur motorisé de Dennis Hendershott, deux Ontariens, ont aussi passé la semaine à côtoyer les voitures de luxe. Le club de Saint-Georges est le premier à laisser Gariépy s'installer sur son terrain. D'ordinaire, il loue un espace dans un camping du coin.
«Mettons au moins 100 $ la nuit pour 12 tournois à l'extérieur durant la saison, je sauve autour de 4000 $ juste pour l'hébergement. Pour moi, c'est la différence entre y aller ou pas. Et j'économise aussi sur la nourriture, parce qu'on ne va pas au restaurant. On a toujours nos lunchs qu'on peut faire réchauffer dans un petit four», calcule-t-il, assis dans son antre.
Croisé après une dernière ronde de 74 (+ 4) pour un total de + 13 pour le tournoi, Gariépy gardait un oeil durant l'entrevue sur son téléphone et le classement final. Soixante joueurs obtiennent un chèque; 62, dont un amateur pas admissible aux bourses, ont franchi la coupe de mi-tournoi, vendredi. Ex aequo au 57e rang, il empoche donc avec soulagement 325 $ et rembourse en bonne partie son inscription de 420 $.
Fan de mini-putt
Le gars est atypique, pas de doute. Personne dans sa famille ne jouait au golf, jusqu'à ce que son grand-père lui rapporte un ensemble de bâtons payé 2,50 $ dans une vente de garage. «Je jouais au tennis, mais je me suis blessé. Et mon grand-père savait que je regardais le golf à la télé et que j'aimais le mini-putt», explique-t-il.
C'est justement à 14 ans qu'il participe aux qualifications du Défi mini-putt, populaire émission alors diffusée à RDS. Il avait comme partenaire de jeu nul autre que Carmoni, véritable étoile télévisuelle au plus fort de la fièvre du mini-putt, au tournant des années 90.
«J'ai craqué! Je me qualifiais si je faisais deux sur le dernier trou, une normale au mini-putt, mais j'ai joué six! Ç'a été ma première expérience d'effondrement comme ça», une leçon qu'il traîne encore avec lui 27 ans plus tard.
Il a disputé sa première ronde de golf à 15 ans et s'y est vraiment mis à 16. Mais c'est à 30 ans que Gariépy décide de lancer sa propre école de golf et de se fixer un objectif : intégrer à 50 ans le Tour des Champions, circuit réservé aux meilleurs golfeurs de 50 ans et plus, aux États-Unis. Il y travaille depuis sans relâche, enseignant l'hiver et jouant l'été.
«Je me pose des questions tous les jours, j'analyse tout ce que les autres font. J'essaie tout ce qui est différent, tout ce qui est conventionnel aussi. Je me dis que la recette gagnante est différente pour chaque joueur, alors j'essaie de trouver la recette parfaite pour moi. Peu importe si c'est étrange», résume-t-il, ajoutant avoir repéré chez l'un de ses partenaires de jeu du jour «un mouvement bizarre dans sa routine préparatoire» pour tout coup de moins de 100 verges et qu'il testera la chose très bientôt.