Rock, High Hopes, de Bruce Springsteen

Bruce Springsteen: toujours le «Boss» ****

Même si elles ne sont pas nouvelles, les chansons de High Hopes seraient parmi son meilleur matériel, déclarait récemment le «Boss» en entrevue.
À l'écoute de l'album, on ne peut qu'acquiescer avec le chanteur, qui a réussi à créer un ensemble intéressant avec ces pièces qu'il avait déjà enregistrées ou jouées par le passé, agrémentées de quelques reprises. La présence du guitariste Tom Morello sur 7 des 12 extraits vient également donner un électrochoc à l'oeuvre de Springsteen, même si le membre de Rage Against the Machine ne lâche pas totalement son fou - à part sur The Ghost of Tom Joad que son groupe avait déjà reprise. Morello est également celui qui aurait suggéré à Springsteen de reprendre Just Like Fire Would du groupe punk australien The Saints, l'une des meilleures pièces de l'album, et Dream Baby Dream, du duo new wave Suicide, une pièce originalement électronique à laquelle le «Boss» a donné un nouveau visage. Il est également surprenant de constater à quel point les thèmes abordés par Springsteen, comme le déclin du rêve américain (High Hopes, qu'il avait interprétée une première fois en 1996), la corruption (Harry's Place, prévue d'abord pour l'album The Rising en 2001) et le profilage racial (American Skin, parue en 2001 sur Live in New York City) sont toujours autant d'actualité.