Présentée en fin de soirée à la place D'Youville, Valérie Carpentier, en robe de soirée fuchsia, avait fort à faire pour combler les attentes.

Brigitte Boisjoli vole le spectacle

Avec les Rolling Stones sur les plaines d'Abraham et Edward Sharpe au parc de la Francophonie, le Festival d'été de Québec (FEQ) a opté pour la pop québécoise mercredi soir, à place D'Youville. Un bel exemple de contre-programmation qui a bien servi Brigitte Boisjoli. Par un temps frisquet, elle a réchauffé la foule et volé le spectacle. Ce n'est pas de la faute de Valérie Carpentier, mais elle n'a pas encore assez de coffre pour la case finale.
Alors que le jour déclinait tranquillement, Brigitte Boisjoli s'est présentée sur scène avec un look d'enfer - jupe verte fluo, camisole blanche et hautes bottes roses - pour lancer sa prestation, sans prétention : «Merci de venir me découvrir.» L'énergique et increvable jeune femme a largement puisé dans son récent Sans regret, délaissant presque entièrement Fruits défendus, paru après sa participation à Star Académie
La soirée a été riche en surprises. D'abord avec la venue sur scène de QW4RTZ, un quatuor a cappella qui l'a accompagnée pour plusieurs pièces. Puis en conclusion alors que Boisjoli a interprété sa version relevée de Honky Tonk Woman, un classique des Stones.
Boisjoli n'a d'ailleurs pas eu peur de sortir de son répertoire pop-rock, pour livrer une généreuse prestation, interprétant des pots-pourris de la grande dame du country Patsy Cline (Crazy) et de l'indémodable Tina Turner. Mais aussi du Avicii, Oxygène de Diane Dufresne et une très belle Jolene (Dolly Parton) : un vrai juke-box! «En festival, nous autres aussi on peut se payer la traite.» Et c'était très divertissant.
La blonde chanteuse, un peu fofolle et ricaneuse, est à son aise sur scène. Elle se perd parfois en digressions, mais rien de majeur. Brigitte Boisjoli, accompagnée d'un sextuor qui comprenait deux cuivres, a livré une vraie prestation de pro.
Carpentier
Présentée en fin de soirée, Valérie Carpentier, en robe de soirée fuchsia, avait fort à faire. Ses chansons cabaret jazzées aux ambiances rétro tombaient à plat après une prestation aussi forte que celle de Boisjoli. L'ex-gagnante du concours La voix manque encore cruellement d'aisance sur scène - ses gestes répétitifs manquent de fluidité et ses interventions sont souvent mièvres. Par contre, elle ne fait pas ses 21 ans, sur le plan vocal. Son aisance et son timbre chaud sont appréciables, d'autant qu'elle était entourée d'un solide quatuor.
Avec un seul album de chansons originales, qu'elle a interprétées presque en entier, malheureusement, la verte chanteuse n'a pas eu le choix de puiser dans le cahier des reprises. Des choix convenus (La vie en rose, Poupée de cire), d'autres plus surprenants comme sa solide reprise de Back to Black de la regrettée Amy Winehouse ou Video Games de Lana Del Rey.
La foule s'est peu à peu dissipée... Un rendez-vous manqué.
Tâche ingrate
Alfa Rococo n'est pas un produit de la téléréalité, mais sa synthpop sucrée et accrocheuse ne détonnait pas. Justine Laberge et David Bussières, entourés de trois musiciens, avaient la tâche ingrate de jouer en plein soleil. Le duo, à la ville et sur scène, s'est bien tiré d'affaire, dans une atmosphère bon enfant, interprétant ses succès radiophoniques comme Lever l'ancre ou Plus rien à faire.
Les interventions étaient d'ailleurs kitsch à souhait - «Notre mission, c'est de propager le bonheur.» -, mais ça allait avec le reste. Rien de transcendant, ni de bien original - ça manquait cruellement d'originalité -, mais correct pour un début de soirée ensoleillée au FEQ.