Brashear plaide la légitime défense

La preuve est close au procès pour voies de fait causant des lésions de l'ancien joueur des 3 L de la Ligue nord-américaine de hockey, Donald Brashear, dont le témoignage a été entendu jeudi. Si l'avocat de ce dernier plaide la légitime défense, le ministère public estime qu'au contraire, ce principe ne s'applique pas.
«La partie était terminée, ma voiture avançait lentement. Il y avait quelques joueurs de l'équipe adverse du Caron et Guay dans l'allée. Tous se sont tassés, sauf Éric Labelle et Gaby Rock. Ils ne m'ont pas vu parce qu'ils étaient de dos», raconte Brashear.
«Lorsqu'ils se sont tournés, ils sont demeurés en avant de ma voiture que j'avais arrêtée. Éric Labelle a mis ses mains sur le capot et s'est positionné comme s'il était Superman et qu'il voulait arrêter ma voiture. J'ai trouvé ça drôle. J'ai lâché le frein pour continuer d'avancer lentement, les deux se sont tassés et lorsque je suis passé à côté de M. Labelle, il a donné un coup sur mon rétroviseur qui a cogné sur la fenêtre.»
Brashear explique ensuite qu'instinctivement, il a arrêté son véhicule pour sortir et constater les dommages. «J'ai ouvert la portière et M. Labelle s'est avancé devant moi avec le visage agressif et a dit : "C'est quoi ton osti de problème." Je me suis senti attaqué, je croyais qu'il voulait engager le combat, alors je me suis défendu.» Après être remonté dans sa voiture, le témoin affirme avoir vu dans son rétroviseur Labelle se relever. «Je me suis dit qu'il était correct, alors j'ai poursuivi ma route vers Québec.»
Caractères des joueurs
Dans sa plaidoirie, son avocat, Me Jean-François Bertrand, a relevé diverses contradictions des témoins du ministère public, notamment entre les versions présentées au tribunal et les déclarations faites aux policiers le soir des événements, le 25 mars 2011, insistant beaucoup sur les caractères des joueurs en cause. «Labelle et Rock sont les bagarreurs du Caron et Guay. Tout le contexte démontre que M. Brashear pouvait très bien se sentir menacé», dit-il.
«Brashear a initié le combat en ne connaissant pas les intentions de l'autre. La légitime défense s'applique lorsque l'attaque est imminente, pas dans une attitude. Or, c'est l'accusé lui-même qui avance avec son véhicule et ce n'est qu'un regard et une simple question qui lui font engager le combat», réplique la procureure du ministère public, Me Manon Gaudreault. «Si Éric Labelle s'était tassé, nous n'en serions pas là», a conclu Me Bertrand.
Le juge Gérald Laforest a pris la cause en délibéré. Sa décision sera rendue dans la semaine du 26 juin.