Bonhomme Carnaval réclamé en Chine

Les Chinois sont «fatigués» par leurs magnifiques et flamboyantes sculptures de glace. Les citoyens de Harbin dans le nord de l'Empire du milieu ne fréquentent plus comme avant leur festival hivernal. Et ils réclament la venue en Asie de Bonhomme Carnaval pour corriger le tir.
L'histoire n'a rien de farfelu. À Harbin, dans le nord de la Chine, le festival de sculptures sur glace et de neige figure parmi les plus prestigieux au monde, avec ses châteaux éclairés majestueux. La cité chinoise reçoit des millions de visiteurs tous les ans. Le festival est rentable et adulé.
Mais les résidents du secteur sont «fatigués» par les structures, lance en entrevue au Soleil Shi Jiaxing, secrétaire général du comité de la ville de Harbin. «Nous avons besoin de nouvelles idées! Ce sont toujours les mêmes formes, le même type d'activités, des sculptures.»
De passage au Carnaval de Québec vendredi à l'occasion d'un colloque, Shi Jiaxing en a donc profité pour demander un coup de pouce à un gros personnage blanc et rouge qui passait dans les environs. «Le Bonhomme Carnaval, il est beau, et il est amusant. Si lui, il peut déménager pendant quelques jours à Harbin, il sera le bienvenu! Les gens de là-bas seront contents.»
Collaboration
Des pourparlers sont entamés avec le Carnaval de Québec pour étudier les collaborations, fait valoir l'ambassadeur chinois du festival de Harbin. «On veut vraiment organiser quelque chose d'international. Nous voulons faire venir des activités d'ailleurs pour augmenter le nombre d'entrées. Car on achète un billet pour entrer la première fois. La deuxième fois, on y revient, mais avec un ami. Et la troisième fois, on n'y va plus. Parce qu'on sait que c'est à peu près la même chose.»
Selon lui, il est facile d'intéresser les touristes étrangers à un événement hivernal établi comme le sien. Mais il est beaucoup plus ardu de le renouveler constamment pour une clientèle locale. «Le festival est très rentable sur le plan économique. Pour maintenir la rentabilité, peu importe un touriste local ou un touriste étranger. Ça nous apporte la même chose», ajoute Shi Jiaxing. «Mais l'important, c'est aussi de maintenir des liens, des échanges entre les humains. Il faut des activités interactives entre Harbin et ailleurs.»
Le secrétaire général se montre ouvert à plusieurs échanges avec le Carnaval de Québec en contrepartie d'une éventuelle visite de Bonhomme. Des sculpteurs sur glace chinois pourraient notamment partager leur savoir avec ceux de la capitale.
Au final, il tient vraiment à faire débloquer ces discussions. «Il faut que notre population ouvre les yeux et voit le monde. Parce qu'il y a peu de monde en Chine qui peuvent venir à Québec», dit-il.
Le Festival de sculptures sur glace et de neige de Harbin est le plus notoire des festivals hivernaux de la Chine. Il célèbre son 30e anniversaire cette année.