L'ancien ministre de la Santé 
Yves Bolduc considère comme
 normal que 
les regards se 
portent vers Gaétan Barrette, car il est «le nouveau» 
au Parti libéral.

Bolduc ne se sent pas menacé par Barrette

Le Dr Yves Bolduc, ancien ministre de la Santé et député sortant de Jean-Talon, ne se sent pas menacé par la fracassante entrée en scène de son rival d'hier, le Dr Gaétan Barrette, qui porte également les couleurs du Parti libéral. «Dans un hôpital, il y a toute sorte de monde. C'est la même chose en politique», philosophe-t-il.
Le Dr Bolduc ne manque pas de mots pour vanter le programme santé des libéraux, qui s'articule autour des supercliniques, des superinfirmières et du remboursement des services d'imagerie médicale dispensés par le privé.
Il ne peut toutefois dire si c'est lui qui le mettrait en oeuvre advenant l'élection d'un gouvernement libéral, car le Dr Barrette l'a rejoint en tête d'affiche. L'ancien ministre, qui ne demande pas mieux que de reprendre du service, ne s'en formalise pas. «Si c'est un engagement, l'un ou l'autre on va le faire», a-t-il assuré mercredi, lors d'une entrevue téléphonique réalisée entre deux patients. L'omnipraticien fait de la clinique à la Cité médicale quelques heures par semaine, même en campagne électorale.
Yves Bolduc considère normal que les regards se portent vers Gaétan Barrette, car il est «le nouveau». Il ne touche pas mot du changement d'allégeance politique du radiologiste, mais admet qu'il a «un style plus bulldozer» qui attire l'attention.
«95% du temps d'accord»
Quant à la relation passée entre les deux médecins, alors qu'il était aux commandes du ministère de la Santé et que le Dr Barrette était président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, le député libéral croit qu'elle paraissait plus conflictuelle qu'elle ne l'a jamais été.
Selon lui, les deux hommes étaient «95% du temps d'accord», mais les rares désaccords ne passaient pas inaperçus parce que «quand lui sortait et que ça ne faisait pas mon affaire, je lui répondais». «Mais là, on joue dans la même équipe, on n'a pas besoin de se quereller», poursuit-il.
Si son ancien job lui échappait, le Dr Bolduc se dit prêt à prendre les commandes d'un autre ministère. «Si on m'offrait autre chose pis que ça me convenait, je serais capable de vivre avec ça. Mais je suis toujours en repli. Je pourrais toujours rester député et faire de la pratique [médicale]. En politique, il ne faut pas que tu aies d'orgueil parce que c'est très mauvais», conclut-il.