Bobby Bazini au Parc de la Francophonie

Bobby Bazini: une revanche en or

Bobby Bazini a eu sa revanche, samedi. Il a pu expérimenter à plein régime l'ambiance d'un parc de la Francophonie rempli à craquer. En 2010, il avait vécu un pétard mouillé quand sa prestation en première partie de Jimmy Cliff avait été écourtée par l'orage.
Le prodige de Mont-Laurier a bien entamé la soirée avec Turn Me on. Plusieurs admiratrices aux cris perçants se sont fait entendre, mais la foule était étonnamment variée. Il faut dire que sa proposition mélangeant pop, folk, blues, country et soul ratissait plus large comme public que la soirée hip-hop sur les Plaines! Le parc de la Francophonie a été assailli par les festivaliers dès le début de la soirée, et de longues files d'attente s'étiraient à partir des deux entrées du site.
En plus d'avoir une belle gueule, il a une voix en or, chaude et pleine d'âme, le «petit» gars de Mont-Laurier. Elle s'épanouit pleinement sur les teintes plus soul de Where I Belong, son dernier album. C'était de toute beauté sur Cherish Our Love. Bazini a d'ailleurs manipulé avec grâce un registre large, montant très haut dans les aigus.
Il semble encore un peu timide, notre Bobby, limitant ses interventions à de brèves présentations de ses chansons. Il a tout de même pris le temps de mentionner à quel point il était content de revenir à Québec, qu'il n'avait pas visitée depuis longtemps.
Bobby Bazini s'est fait doux à quelques reprises pour chanter l'amour, mais a aussi «rocké» sa voix rocailleuse dans des rythmes entraînants pigés à même ses deux albums. Il a invité Serena Ryder pour faire un duo sur To Love Somebody, une reprise des Bee Gees qui figure sur son petit dernier. Bazini a même eu une belle attention en dédiant une chanson aux gens qui prêtaient l'oreille l'autre côté des clôtures du Pigeonnier.
Est-ce le beau temps? Le fait que c'était samedi? Quoi qu'il en soit, il s'est définitivement passé quelque chose en ville, samedi. Il y avait ce genre d'énergie si particulière aux festivals extérieurs qui donne l'impression de vivre quelque chose d'unique.
Serena Ryder
L'Ontarienne Serena Ryder a fait un électrisant tour de chant avant l'arrivée de Bobby Bazini. L'énergie était à son comble, après un véritable crescendo avec What I Wouldn't Do et Stompa, son grand succès, puis d'autres pièces interprétées à renforts de percussions et de guitare électrique.
C'est franchement dommage pour tous ceux qui n'ont pas pu entrer au parc de la Francophonie. Il valait vraiment la peine d'arriver tôt, encore plus sachant que les jeunes musiciens de The Seasons, originaires de Beauport, ont complètement charmé la foule avec leur folk-pop accrocheuse. Une aisance et une présence sur scène remarquables pour le peu de métier qu'ils ont en arrière de la cravate. Les quatre comparses étaient d'ailleurs sur un nuage après cette performance devant les leurs. Un groupe à suivre, assurément.